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Conseil départemental de la Savoie

Réseau de surveillance des eaux souterraines

Conscient de la nécessité de mieux connaître la ressource en eau disponible en Savoie, le Département a décidé dès 1995 la mise en oeuvre d'un observatoire du débit des ressources en eau.

Bilan 2013 - 2014

Une année atypique mais favorable à la recharge des aquifères

L’année hydrologique 2013-2014 (de septembre 2013 à août 2014) est, comme l’année précédente, globalement excédentaire au niveau des précipitations sur la Savoie (+ 25 % par exemple sur Chambéry-Aix), ce qui a un effet cumulatif bénéfique pour les ressources en eau. Les conditions météorologiques humides et peu froides au cours de l’automne et de l’hiver 2013-2014 ont permis une recharge efficace des différents aquifères du département, empêchant une baisse trop importante des niveaux des ressources lors d’un printemps sec, dont les faibles précipitations et les chaleurs ont perduré jusqu’au début du mois de juillet. Un été exceptionnellement pluvieux et frais a par la suite fait gonfler une grosse partie des sources savoyardes, rechargeant ainsi de manière inhabituelle la majorité des aquifères jusqu’à fin août.

 

Suivant le type d’aquifère (géologie, localisation, altitude), le processus de recharge des eaux souterraines se déroule selon des modèles différents.

 

Dans les secteurs de plaine, les sources sont directement liées aux précipitations qui tombent sur leur bassin versant. La réactivité des ressources suite aux pluies est souvent quasi-instantanée sur les régions calcaires de vallées et piémonts (Chautagne, Bauges, Chartreuse…) où les débits peuvent être multipliés par 10 en seulement quelques heures lors d’épisodes pluvieux importants. Certains aquifères de l’Avant-Pays savoyard diffèrent par leur géologie particulière et ont une réaction moins marquée vis-à-vis des précipitations, avec de plus faibles variations de débits. Mais ce sont les répétitions régulières de pluies lors de la période propice à la recharge (de l’automne au printemps) qui permettent aux sources d’emmagasiner des réserves en eaux souterraines en vue des périodes plus sèches.



Sur les aquifères karstiques (source du Rigolet à Chindrieux – 280 m), une période prolongée sans précipitations significatives peut contrecarrer rapidement les recharges automnales et de début d’hiver. On a ainsi mesuré de février à mai des niveaux inférieurs aux moyennes malgré les mois précédents bien pluvieux.
Mais, a contrario, les débits retrouvent vite des niveaux confortables dès l’enchaînement de pluies plus conséquentes. L’été 2014, extrêmement arrosé, a fait monter régulièrement les sources à des valeurs au-delà de 150 voire 200 l/s, pendant une bonne partie de la saison.
À la fin du mois d’août, les mesures sur les ressources en milieu calcaire restaient encore bien supérieures aux normales avant d’attaquer l’automne.

Accédez au graphique dynamique : source du Rigolet à Chindrieux (280 m).

 



Sur les ressources de moyenne montagne (800 - 1 500 m), les périodes propices de recharge se situent généralement en automne et au printemps, l’hiver étant globalement la saison où les précipitations ont lieu exclusivement sous forme neigeuse, donc inefficaces pour la recharge des aquifères.

 

On retrouve bien ce phénomène à 2 vitesses au cœur de la Chartreuse (source de la Plagne à Entremont-le-Vieux – 1 073 m), même si la chaleur hivernale a lissé un tant soit peu ce fonctionnement habituel.
À la faveur des pluies automnales soutenues, un important pic à plus de 100 l/s de débit a pu être observé début novembre (4 x la normale), où les conditions hivernales, encore absentes à cette période, n’ont pas encore figées les entrées souterraines. Le jeu d’alternance entre dépôts neigeux et fontes tout au long de l’hiver et du printemps a fait ensuite osciller les débits autour de valeurs moyennes pour cette première partie de l’année.
Après la fonte totale du stock neigeux, les mois secs et chauds du printemps ont affaibli les réserves alors accumulées jusqu’au retour de pluies diluviennes tombées durant tout le mois de juillet et, tout particulièrement, sur l’ouest de la Savoie. Ces apports exceptionnels en eau ont garanti pour tout l’été des conditions hydrologiques confortables pour ces ressources.

Accédez au graphique dynamique : source de la Plagne à Entremont-le-Vieux - 1 073 m.



En altitude, on distingue globalement 2 périodes caractéristiques du fonctionnement de ces aquifères de haute montagne.

  • De l’été jusqu’à la fin de l’hiver, le débit des sources entame une baisse lente mais continue, qui peut néanmoins être enrayée temporairement par d’intenses épisodes pluvieux à l’automne (comme constaté en octobre 2013), voire même en été.
  • Dès l’arrivée du froid en montagne en fin d’année, les précipitations tombent alors en cette période sur des sols préalablement gelés et sous forme neigeuse, rendant impossible toute recharge de ces aquifères d’altitude pendant plusieurs mois.

La dernière décennie globalement chaude et sèche a marqué durablement les aquifères de montagne, avec des niveaux observés encore en-dessous ou juste proches des moyennes recensées depuis 1998 (source des Frasses à Macôt-la-Plagne – 1 770 m).
Le bon enneigement de l’hiver 2012/2013 a permis et, dans une moindre mesure les pluies automnales, aux ressources de retrouver petit à petit des débits plus conformes aux normales. Au 1er avril 2014, à la fin de la période d’étiage, on mesure ainsi des valeurs presque deux fois supérieures aux plus basses mesures enregistrées sur cette source en 2010. Mais une recharge efficace et pérenne pour l’avenir passe aussi par l’enchaînement de plusieurs saisons hivernales enneigées. Ainsi, cet hiver 2013/2014 n’a été que légèrement excédentaire en neige (+ 7 % de cumul à 2 000 m à la station de la Plagne en Tarentaise). La fonte du manteau neigeux à l’arrivée des chaleurs printanières a apporté aux ressources souterraines sa principale recharge pour l’année à venir, complétée par quelques légers apports pluvieux au cours du printemps et de l’été.
Les débits mesurés à la fin de l’été restent proches des valeurs classiques à cette saison mais montrent déjà une tendance claire à la baisse et ce, depuis le mois de juin.

Accédez au graphique dynamique : source des Frasses à Macôt-la-Plagne - 1 770 m.

 

Par contre, la fin de l’année 2014 est restée peu arrosée avec des températures élevées, favorisant durant la saison d’automne le phénomène d’évapotranspiration, peu favorable à la réalimentation des aquifères souterrains. Même si la situation hydrologique n’est plus sous tension comme durant les périodes sèches que l’on a connues auparavant (2003-2006 et 2009-2011), un suivi attentif et continu reste toujours primordial afin d’observer et d’étudier les futures réactions de ces ressources face aux conditions climatiques en constante évolution.

Zoom sur les nappes

Les nappes phréatiques présentes dans les vallées (Isère, Rhône, Cluse de Chambéry…) sont directement liées aux cours d’eau associés avec qui elles sont en constante interrelation. Certains tronçons de rivières participent activement à l’alimentation des ressources souterraines par infiltration des eaux au niveau des berges.

 

En Savoie, les bassins versants de ces cours d’eau sont plus ou moins influencés par la neige mais aussi par les ouvrages hydroélectriques qui stockent et restituent les précipitations avec un décalage dans le temps.

 

Néanmoins, on retrouve sur bon nombre de nappes, comme pour les ressources gravitaires, une période commune de hautes eaux au cours du mois de novembre, conséquences d’une saison automnale bien arrosée sur tout le département. Suivant leur configuration d’alimentation, certaines nappes (comme celles du Guiers ou de la Cluse de Chambéry), plus réactives aux précipitations et moins tamponnées vis-à-vis de leur cours d’eau associé, ont pu connaître un autre pic de leur piézométrie en milieu d’été suite aux pluies exceptionnelles du mois de juillet. À l’inverse, les niveaux les plus bas s’enregistrent principalement après des phases prolongées de faibles précipitations. Durant cette année 2013/2014, on a relevé 2 périodes où les nappes se trouvent proches de leur minimum annuel : début de l’automne 2013 et fin juin 2014. D’autres baisses marquées peuvent être aussi observées durant le mois de décembre ainsi qu’en avril, témoins de faibles apports par des pluies ou de la fonte des neiges.

 

Le battement des nappes savoyardes (différence entre les niveaux bas et hauts) dépend fortement de la configuration géologique du secteur, du bassin versant et de la relation avec le cours d’eau mais il peut être d’ordre métrique (1 à 2 m), généralement sur les grandes nappes (Rhône, Isère), jusqu’à plusieurs mètres sur celles plus locales (5 m en 2013/2014 sur la nappe du Guiers).

 

Comparées aux sources de versant, les nappes sont globalement moins sujettes aux variations de niveaux et demeurent plus sûres et productives pour une utilisation en eau potable, d’où l’importance de suivre aussi leur évolution au cours du temps au même titre que les ressources gravitaires.