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Projet de radar météorologique à Saint-Nizier-du-Moucherotte

Météo-France dispose en métropole d’un réseau de 27 radars hydrométéorologiques pour la mesure en temps réel de la pluie. Ces radars, qui couvrent une large partie du territoire national, ont été historiquement déployés en zone de plaine, là où leur portée pouvait être optimisée. Météo-France, associé à la Direction générale de la prévention des risques du Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, souhaite étendre la couverture actuelle du réseau, partout où cela est techniquement possible, pour contribuer à mettre les territoires et les citoyens sur un pied d’égalité face aux risques. Dans ce cadre, la nouvelle génération de radar en bande X, double polarisation et avec mode doppler va permettre de mieux observer les zones montagneuses.

Une importante campagne de prospection a été initiée en 2012 dans les massifs environnant l’agglomération grenobloise. Au terme de cette prospection, le site du Moucherotte, sur la commune de Saint-Nizier-du-Moucherotte, a été retenu comme étant le plus prometteur en termes de capacité d’observation mais aussi au regard de la faisabilité du projet et des installations existantes sur ce site.

Qu'est ce qu'un radar météorologique ?

Les radars météorologiques permettent de localiser les précipitations (pluie, neige, grêle) et de mesurer leur intensité en temps réel. Répartis sur l'ensemble du territoire, les radars de plaine ont une portée d'environ 100 km pour la mesure et de 150 à 200 km pour la détection des phénomènes dangereux. Il s’agit de radar en bande C ou bande S. Les radars en bande X, plus adaptés aux zones de relief et plus petits, ont une portée d’environ 50 km pour la mesure quantitative des précipitations et 100 à 120 km en moyenne pour la détection des phénomènes dangereux.

Les trois premiers radars en bande X sont en fonctionnement dans les Alpes du Sud, au Mont-Maurel, Mont-Vial et Mont-Colombis.

Source : Météo-France


Fonctionnement d'un radar

Un radar est constitué d'une antenne parabolique, d'un système d'émission-réception et d'un calculateur. L'antenne est équipée de plusieurs moteurs destinés à l'orienter verticalement et horizontalement et d'un radôme, enveloppe sphérique qui protège l'ensemble en cas de forts coups de vent. L'ordinateur, qui assure le traitement du signal, permet une visualisation locale des échos et une diffusion vers le Centre national de prévision de Météo-France à Toulouse.

L'antenne parabolique du radar tourne et émet un faisceau d'ondes électromagnétiques. Ces ondes, qui se déplacent à la vitesse de la lumière, sont rétrodiffusées par les gouttes de pluie, les grêlons ou la neige. Le radar calcule alors la distance qui le sépare des gouttes. Il localise ainsi les zones de précipitations à des distances pouvant atteindre plus de 200 km et mesure leur intensité jusqu’à 50 à 120 km. L'image radar est perturbée par des obstacles fixes comme les montagnes ou les constructions au voisinage immédiat de l'antenne. L'implantation des radars doit donc prendre en compte ces éléments afin d'assurer à cet instrument une efficacité optimale.

 

Utilité du radar dans la chaîne de prévisions et les produits d’avertissement

Le signal émis par chacun des radars est d'abord traité localement par un ordinateur. Celui-ci élabore entre autres une image des précipitations toutes les cinq minutes et la transmet à un gros calculateur situé à Toulouse. Une mosaïque (ou image composite) est alors constituée à partir des images locales de tous les radars du réseau de Météo-France ainsi que de celles des pays limitrophes. Cette cartographie des précipitations et de leur intensité apporte aux prévisionnistes un outil précieux pour l'élaboration des prévisions à courte échéance. L'image radar complète en effet les images satellitaires et les autres types de mesures.

En outre, les données radar permettent :

  • d’offrir des prévisions de précipitations beaucoup plus réalistes aux premières échéances.
  • D’apporter des informations indispensables aux services de prévision des crues puisqu'il fournit, après traitement approprié, une estimation des cumuls de précipitations sur les bassins versants.
  • De développer des produits d’avertissement à l’attention des communes, dans le cadre des missions institutionnelles de Météo-France. Ainsi, là où la couverture radar est suffisante, les communes bénéficient gratuitement d’un système d’avertissement en cas de précipitations intenses (APIC). Les communes des Alpes du nord demeurent en zone non éligible à ce service compte-tenu de l’absence d’appareil de mesure dans cette zone.
  • D’analyser des phénomènes passés.


Enfin, l’apport du radar est notamment décisif en cas de pluies présentant de forts gradients (orages par exemple), pour lesquelles un pluviomètre en limite de la zone orageuse enregistrera un cumul qui pourra être dix fois moindre que celui qu’aurait relevé le même appareil s’il avait pu être déplacé au lieu du maximum d’intensité.

Mise en place du radar sur le site du Moucherotte, commune de Saint-Nizier-du-Moucherotte

Pour étendre la couverture radar à l’agglomération grenobloise et plus largement au département de l’Isère, une recherche a été menée sur plus d’une dizaine de sites durant l’été 2012.

La sélection du site le plus opportun s’est effectuée sur la base des éléments suivants :

  • absence de masques orographiques proches (horizon dégagé au maximum) ;
  • portée radar la plus performante possible ;
  • accès par piste au plus près de l’emplacement ;
  • alimentation électrique proche de l’emplacement ;
  • impact environnemental modéré.


Les deux premiers points ont fait l’objet de relevés sur le terrain et de simulations permettant d’estimer l’apport du nouveau radar par rapport à la couverture actuelle et de sélectionner les plus prometteurs. Au terme d’une comparaison multicritères, le site du Moucherotte, sur la commune de Saint-Nizier-du-Moucherotte est apparu comme le plus favorable à l’accueil d’un nouveau radar hydrométéorologique en bande X.

En effet, il présente les avantages suivants :

  • absence de masque topographique (la portée du radar peut être exploitée au maximum dans toutes les directions d’un plan horizontal) ;
  • site équipé (présence d’un bâtiment appartenant au Ministère de la Défense) ;
  • accès par piste possible hors période enneigement ;
  • raccordement électrique à proximité.

Il présente cependant des contraintes :

  • une partie du parcellaire environnant est un « espace naturel sensible » du Conseil général de l’Isère ;
  • c’est un site touristique fréquenté qui a fait l’objet d’une opération de déconstruction d’un hôtel et d’une gare téléphérique ;
  • le site étant déjà équipé, la compatibilité des fréquences utilisées par les différents opérateurs s’impose.


Source : Météo-FranceMétéo-France a recherché la solution la moins conséquente en termes de paysage et d’environnement. Un relais hertzien en exploitation, propriété du Ministère de la Défense, est présent au sommet. Il a donc été validé avec tous les partenaires du site (Défense, Gendarmerie de l’Isère, Pompiers de l’Isère, Protection Civile…) la possibilité d’implanter le radar en complément des équipements présents, de façon à limiter au maximum l’impact de la nouvelle installation.

Les travaux se sont terminés en octobre 2014.

Installation du radar météorologique de Saint-Nizier-du-Moucherotte (Météo-France)

 

Source : Météo-France