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Eau

Station d'épuration par filtre planté au plan des Fontainettes

Source : SIVOM de Val Cenis - mise à jour 2016

Un projet à caractère expérimental par son altitude et les espèces qui y sont implantées.

La station d’épuration à macrophytes du plan des Fontainettes a été construite en 2014 afin d’épurer les eaux usées produites par les structures touristiques du hameau en période estivale (jusqu’à 26 m3 par jour, soit l’équivalent de plus de 4 000 chasses d’eau).

Le choix de cette filière repose sur les nombreuses contraintes à respecter : de longues périodes de non-alimentation, un climat froid, un système simple à gérer avec un coût d’exploitation modéré, une bonne réponse de l'épuration aux variations hebdomadaires, ainsi qu’une bonne intégration paysagère.

Fiche technique du filtre planté

 

Fonctionnement de la station d’épuration

En amont de la station, un dégrilleur(1) a été installé, permettant la rétention des déchets grossiers. Il est suivi d’un canal(2) dont le but est de mesurer les débits. Pour assurer une répartition homogène des effluents, l’eau doit arriver à la surface des filtres avec un débit suffisant. Pour cela, l’ouvrage de siphonnage(3) alimente les filtres sous forme de bâchées*. Un regard de répartition(4) permet de diriger les eaux vers les différents compartiments du filtre.

A travers le massif filtrant, les matières particulaires sont retenues. Pour assurer l’oxygénation des bactéries aérobies, des canalisations ajourées ont été ajoutées au fond du filtre permettant une diffusion de l’oxygène atmosphérique au sein même de la masse filtrante. Quant au rôle des plantes, elles permettent à la fois d’éviter le colmatage du filtre et de renforcer l’oxygénation nécessaire au maintien d’une biomasse épuratrice (=bactéries) grâce à leur système racinaire.

Les matières solides s’accumulent sur le lit et forment une croûte qui se minéralise progressivement (transformation de la matière organique en composés minéraux assimilables par les plantes). Elle n’est éliminée qu'après plusieurs années (tous les 15-20 ans environ). L’ensemble du système fonctionne entièrement par gravité.

*le système de bâchée permet de distribuer en une fois un gros volume d’eau (2,5 m3).

 


Le filtre

Il se divise en deux lits ; chacun d’eux est séparé en huit compartiments. Certaines espèces sont plantées en association telles que l’on peut les trouver dans le milieu naturel.

Les plantes autochtones présélectionnées présentent des critères spécifiques : vivaces, adaptables aux alternances de phases humides et de phases sèches, un port élevé et rigide ainsi qu’un réseau racinaire dense. Les recherches ont permis d’identifier cinq plantes propices à l’implantation : l’épilobe en épi, l’oseille des Alpes, le populage des marais, la laîche noire et la laîche en ampoules. Le roseau commun, plante majoritairement utilisée en phytoépuration bien que non autochtone est la sixième espèce sélectionnée.

 

Le suivi scientifique

Ce projet présente un caractère expérimental (par son altitude et les espèces qui y sont implantées). C’est pourquoi il fait l’objet d’un suivi scientifique mené en collaboration avec Irstea (Institut national de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture). Il permet de juger de l’efficacité du système et de déterminer l’espèce la plus propice aux phytoépurateurs (systèmes d’assainissement par les plantes) de haute montagne. Les eaux traitées répondent à la réglementation en vigueur en termes de rendements épuratoires. Elles rejoignent l’actuelle combe de rejet des eaux usées du site des Fontainettes avant de rejoindre le lac du Mont-Cenis.

Suivis de mesure - années 2015 et 2016

Abattement
en MES
Abattement
en DCO

Rendement
en DBO5

Rendement moyen obtenu
Année 2015
91 % 75 % 88 %
Rendement moyen obtenu
Année 2016
96 % 90 % 91 %
Rendement réglementaire 50 % 60 % 60 %

Cette station d’épuration a été créée en parallèle à un système similaire pour l’assainissement d’un refuge alpin italien (refuge Garelli), dans le Parc naturel de Marguareis, Piemont. Cette collaboration permet la mutualisation des études, ainsi qu’un partage et une comparaison des résultats de l’expérimentation.

Ces systèmes de traitement des eaux usées par les plantes ont tendance à se développer pour des sites isolés d’altitude. Suite à cette expérimentation, sur la commune de Bramans, au lieu-dit “Mont Bas”, un filtre planté a d’ailleurs été construit afin de traiter les effluents du refuge (“Lo Tsamou”) à plus de 2 000 m d’altitude.

Conclusion

Deux intérêts majeurs de ce type d'installation pour des sites isolés de montagne : gestion des boues simplifiée (compost à évacuer au bout de 15 ans seulement) et espèces végétales autochtones adaptées aux conditions locales, étant efficaces dans le process épuratoire dès les premières utilisations (à la fin du printemps).