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Eau

Création d'un réseau d'irrigation par aspersion sur Val Cenis

Source : GIDA Haute-Maurienne – mise à jour 2017

Une gestion stratégique de la ressource en eau

Sur le territoire de Haute-Maurienne, en raison des conditions météorologiques spécifiques (faiblesse des précipitations reçues) et face aux évolutions climatiques récentes (plusieurs sécheresses consécutives depuis 2003), l’irrigation, dans le but d’augmenter la productivité fourragère, est fondamentale pour la pérennité des exploitations du territoire.

Contexte

Le projet de création d’un réseau d’irrigation par aspersion vise à améliorer les pratiques d’irrigation actuelles (installations artisanales, très gourmandes en volumes consommés, en temps et main d’œuvre pour les exploitations et qui ne sont pas viables durablement) et à irriguer à l’aide d’un réseau fixe enterré les 170 ha du plateau de l’Endroit dans un souci d’autonomie fourragère des exploitations et de pérennité de l’activité agricole sur le territoire.
17 exploitations professionnelles sont concernées par le projet : 14 sont productrices sous signe de qualité de Beaufort (AOP) et représentent 50 % des volumes transformés par la coopérative laitière Haute-Maurienne Vanoise ; les 3 autres concernent de l’élevage de vaches allaitantes ou de brebis.

L’irrigation concerne exclusivement des surfaces fourragères, prairies naturelles ou temporaires. Le but n’est pas d’irriguer la totalité des surfaces des communes mais d’assurer le minimum hydrique à des surfaces restreintes à fort potentiel qui ne représentent que 6,7 % de la surface totale agricole des 2 communes de Lanslebourg-Mont-Cenis et Lanslevillard.
L’irrigation sur ces parcelles ciblées permet d’assurer un gain de rendement certain, et par conséquent d’améliorer l’autonomie fourragère des exploitations, en particulier dans une zone où le cahier des charges Beaufort impose que 75 % des fourrages proviennent de la zone géographique. Par ces gains de rendement, l’irrigation permet de réduire les achats de foin, de limiter le poids de ces charges sur les trésoreries des exploitations mais également de réduire la circulation des camions de livraison de foin dans la vallée.

Le projet d’irrigation est mené en concertation avec les autres usagers de l'eau (neige de culture, EDF, eau potable, pêche) et les administrations (DDT 73, DREAL, Agence de l’eau Rhône-Méditerranée Corse…) dans le cadre d’un schéma de conciliation des usages de l’eau, initié fin 2012, par le Conseil départemental de la Savoie et porté par le SIVOM de Val Cenis.

En savoir plus : Observatoire savoyard de l'environnement - schéma de conciliation des usages de l'eau.

Présentation du projet

Démarrage

Dès les prémices du projet, il s’est avéré indispensable d’avoir une meilleure connaissance des ressources présentes sur le territoire. Ainsi sur 2013 et 2014, les 10 cours d’eau du versant de l’adret ont fait l’objet, dans le cadre du schéma de conciliation, de campagnes de jaugeages (partenariat SIVOM du Val Cenis/GIDA de Haute-Maurienne). Ces résultats étaient les seules données disponibles sur la ressource car aucun des torrents n’avait été jusqu’à présent étudié.

Dans la continuité des conclusions du schéma de conciliation, une étude de faisabilité irrigation a été réalisée afin d’analyser et de comparer différentes options en termes de ressource disponible, d’impacts sur cette ressource, d’un point de vue technique, économique et environnemental.
Les résultats des jaugeages et les conclusions de l’étude de faisabilité ont permis de cibler les cours d’eau potentiellement prélevables pour l’irrigation. Au cours de l’été 2014, avec l’aide financière de l’Agence de l’eau, sous contrôle de la DDT et de la DREAL et suite à un diagnostic réalisé par l’ONEMA, cinq cours d’eau ont été équipés de stations de suivi en continu des débits. Il s’agit du Sainte Marie, de la Donna, du Pisselerand, du Diet et du Burel.

Le projet

Le projet consiste à aménager 3 captages dans les cours d’eau du Sainte Marie, de la Donna et du Burel. Au sommet de la zone irriguée, une conduite reliera ces 3 captages, permettant d’équilibrer les prélèvements et de mutualiser les ressources entre les deux communes. Un ensemble de canalisations permettra ensuite d’alimenter chacune des bornes d’irrigation. Le fonctionnement du réseau sera entièrement gravitaire (pas de pompe, pas de retenue…). En effet, les prélèvements s'effectueront en majorité en période de hautes-eaux.

Plusieurs études réglementaires ont été nécessaires :

  • une étude hydrogéologique validée par l’ARS Auvergne Rhône-Alpes pour analyser l’impact du prélèvement irrigation sur le Sainte Marie, par rapport aux deux captages d’eau potable déjà existants.
  • une procédure d’autorisation de prélèvements, au vu des volumes d’eau potentiellement utilisés pour l’irrigation. Elle consiste en la rédaction du dossier "Loi sur l’eau" soumis à enquête publique. Ce dossier nécessite la réalisation d’une étude d’impact, également soumise à enquête publique ainsi qu’une étude Natura 2000 évaluant les incidences du projet sur les sites S38 "formations forestières et herbacées des Alpes Internes" et S43 "Massif de la Vanoise". A cette occasion, le projet a été présenté au Conseil scientifique du Parc national de la Vanoise. L’instruction du dossier réglementaire unique par la DDT s'est achevée en mars 2017 avec la signature de l'arrêté préfectoral autorisant les prélèvements et les travaux.
  • une étude projet, qui vise à détailler l’avant-projet réalisé dans le cadre de l’étude de faisabilité, en fonction des résultats des mesures de débits en cours et des conclusions des études réglementaires précédentes.

Sur le volet foncier, plusieurs réunions d’informations avec les propriétaires privés et les habitants concernés par les travaux ont eu lieu en novembre 2015 et la dernière en février 2017. Les partenaires du projet ont également communiqué au public les avancées par courriers, affichages en Mairies, bulletins municipaux...

Propriété et gestion future du réseau – coûts de fonctionnement

La gestion de l’irrigation sera confiée à un collectif d’irrigants, une association loi 1901 regroupant l’ensemble des utilisateurs du réseau. Cette association aura pour rôle le suivi des consommations, le respect des tours d’eau, le paiement de la redevance auprès de l’Agence de l’eau… Les irrigants auront en charge les coûts de fonctionnement (entretien courant du réseau, redevance Agence de l’eau, achat de matériel mobile d’irrigation tels que canons et/ou enrouleurs…).
La collectivité porteuse du projet et bénéficiaire des subventions (commune nouvelle de Val-Cenis) restera propriétaire des réseaux.
Cette organisation (association d’irrigants, propriété collectivité et convention de partenariat entre irrigants et collectivité) a déjà fait ses preuves depuis plusieurs années sur la commune voisine de Sollières-Sardières.

Un diagnostic individuel d’exploitation ainsi qu’une formation obligatoire "irrigation raisonnée / gestion durable des prairies" a été mise en place en 2016/2017 à destination de tous les futurs utilisateurs du réseau, en lien avec l’association d’irrigants de Sollières-Sardières labellisée GIEE (Groupement d’intérêt économique et environnemental). En parallèle, de multiples actions sont mises en place pour accompagner techniquement les pratiques d’irrigation et de gestion de prairies, afin de continuer à les optimiser (économies d’eau, intérêt floristique des prairies, durabilité des pratiques…).

Portage du projet

Le portage des études réglementaires, tout comme l’étude de faisabilité, a été assuré par le groupement constitué entre les communes de Lanslebourg-Mont-Cenis et Lanslevillard, le SIVOM de Val Cenis et le GIDA (qui est le coordonnateur). Une convention de partenariat gère les relations entre les 4 partenaires.
En 2015/2016, le projet a été porté par le SIVOM de Val Cenis. Depuis le 1er janvier 2017, ce syndicat a été dissous, le projet irrigation a été transmis à la commune nouvelle de Val-Cenis.

Calendrier d’exécution

Le dossier de demande de subventions pour la réalisation des travaux a été déposé lors du 1er appel à projet européen en mars 2016 ; l'instruction s'achèvera avec la part FEADER votée en juin 2017.

  • Hiver 2016/2017 : consultation des entreprises.
  • Printemps / Automne 2017 : démarrage des travaux. 3 lots de travaux sont prévus sur 2 à 3 ans. Les travaux en cours d'eau et dans les prairies seront réalisés uniquement à l’automne (période d’étiage, respect des préconisations DREAL et DDT, limitation des impacts des travaux sur les prés de fauche...).

Conclusion

Ce projet de création d’un réseau d’irrigation par aspersion sur Val Cenis (communes déléguées de Lanslebourg-Mont-Cenis et Lanslevillard) a été rendu possible par :

  • la volonté des porteurs du projet d’échanger avec les administrations ou partenaires (DDT, DREAL, ONEMA, PNV, ONF, ARS, Agence de l’eau…) dès le début des réflexions et lors de toutes les phases du projet,  puis d'ajuster le contenu du projet au fur et à mesure, en fonction de leurs préconisations ;
  • le schéma de conciliation des usages de l’eau de Val Cenis, initié par le Conseil départemental et qui a constitué un véritable tremplin pour débuter le projet irrigation et permettre la rencontre, susciter les discussions entre les acteurs usagers de la ressource et avec les administrations.