RSS
Mobile
Google+
Facebook
Twitter
Les éditions
Lettres d'information
Contacts
Conseil départemental de la Savoie

Espace

Liste rouge de la faune de Savoie

Source : LPO Savoie - mise à jour 2017

Alyte accoucheur (©Jérémie Hahn)
Alyte accoucheur (©Jérémie Hahn) - Statut menacé

Chabot commun (©Jean-Pierre Martinot)
Chabot commun (©Jean-Pierre Martinot) - Statut vulnérable

Couleuvre viperine (©Jérémie Hahn)
Couleuvre viperine (©Jérémie Hahn) - Statut vulnérable

Lagopède alpin (©Jean-François Noblet)
Lagopède alpin (©Jean-François Noblet) - Statut vulnérable

Musaraigne aquatique (©Jérémie Hahn)
Musaraigne aquatique (©Jérémie Hahn) - Statut vulnérable

Un outil d’objectivation et d’alerte sur les espèces sensibles de vertébrés du département

Pourquoi une liste rouge ?

Que ce soit pour les stratégies de préservation de sites et d’espèces ou pour l’évaluation d’impacts et le calibrage de mesures compensatoires, il est toujours nécessaire d’évaluer la valeur biologique des sites. Ces évaluations se basent sur les listes d’espèces qui y vivent, que l’on analyse en fonction de leurs statuts juridiques (espèces protégées) et biologiques (espèces sensibles). Or, le statut d’espèce protégée, parfois fondé sur des critères autres que scientifiques (notamment éthiques ou emblématiques), se trouve parfois en incohérence ou en incompatibilité avec la notion de rareté/sensibilité. Ainsi, la mésange bleue "pèse" autant juridiquement que le hibou petit duc et plus que le pigeon colombin dont moins de 10 couples sont connus en Savoie. Une véritable appréciation de la rareté et de la sensibilité est donc nécessaire en s’inspirant pour cela d’une méthodologie établie au plan mondial par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Comment sont définis les statuts ?

Seules les espèces indigènes pour lesquelles suffisamment d’informations sont disponibles sont prises en compte. Les paramètres sur lesquels s’établit la classification sont la répartition et l’effectif départementaux d’une part et leurs tendances évolutives (ou celles des habitats) d’autre part. L’obtention de toutes ces données chiffrées pour toutes les espèces étant concrètement hors d’atteinte, une large place est forcément donnée au "dire d’expert" ; une liste rouge, document d’alerte plus que publication scientifique, est ainsi appelée à évoluer avec l’amélioration des connaissances et/ou l’évolution des conditions écologiques.

Les statuts de la liste rouge sont les suivants :

  • espèce disparue (depuis le XIXe siècle),
  • en danger critique,
  • en danger,
  • vulnérable,
  • quasi menacée (en quelque sorte une "liste orange").

Les résultats sur les vertébrés

Certains groupes sont plus sensibles que d’autres : ainsi 57 % des espèces d’amphibiens sont en liste rouge (86 % en ajoutant celles quasi menacées). C’est le groupe le plus critique en Savoie, suivi des oiseaux, poissons, reptiles et mammifères.
Le nombre d’espèces anciennement communes et arrivant en liste orange est en augmentation ; en revanche, les "améliorations" tangibles de statuts restent rares… la dégradation continue est la règle, malgré les engagements nationaux visant à enrayer l’érosion de la biodiversité.

*Répartition sur les 316 espèces indigènes répertoriées en Savoie.


Les pressions et causes de menaces

La destruction directe par l’homme, première menace jusqu’au milieu du XXe siècle, n’est plus dominante aujourd’hui et, parmi les espèces éliminées, plusieurs ont repeuplé la Savoie spontanément ou après restauration d’habitats (loup gris, lynx boréal, héron pourpré) ou par réintroduction (bouquetin des Alpes, castor d’Europe, gypaète barbu, cistude d’Europe).

Ce sont désormais les pressions sur les habitats naturels qui causent l’érosion de la faune sauvage savoyarde, à commencer par les destructions, pollutions et pressions sur les milieux de plaine du fait de :

  • l’intensification agricole : retournement ou artificialisation des prairies et disparition des haies fragilisant notamment l’alouette des champs, le traquet tarier, la fauvette grisette, l’orvet, le muscardin ;
  • la destruction et l’altération des zones humides et cours d’eau (baisse des nappes, drainages, remblaiements et déconnexion) menaçant entre autres les amphibiens, le râle d’eau, le bruant des roseaux, la couleuvre vipérine, la musaraigne aquatique ;
  • la raréfaction des gros bois et des arbres à cavités affaiblissant, entre autres, les populations de plusieurs chauves-souris, du moineau friquet, de la chouette chevêche.

A ces causes structurelles liées à l’altération des habitats, il convient d’ajouter la mortalité artificielle induite par les infrastructures (écrasement et collision sur les routes, collisions avec les câbles et les façades vitrées des bâtiments, électrocution au niveau de poteaux/pylônes électriques) et certain usages (impact de la chasse sur certaines espèces) qui touchent notamment les oiseaux (dont les rapaces nocturnes), les grandes couleuvres et de nombreux mammifères (dont le putois).

Les prolongements de la liste rouge

Outre un meilleur éclairage de l’analyse d’espèces déjà évoqué, cette liste rouge pourra étayer les stratégies de conservation du CEN Savoie, du Département de la Savoie, de la LPO Savoie, de la Fédération départementale de pêche et de protection des milieux aquatiques, de l’ONF, des Parcs naturels régionaux, du Parc National de la Vanoise et des intercommunalités. Elle fera l’objet d’une communication et de mises à jour régulières, de manière à être de plus en plus pertinente et de mieux en mieux partagée par les acteurs de l’environnement savoyard.