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Conseil départemental de la Savoie

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Réseau Alpes-Ain de conservation de la flore

Source : Conservatoire botanique national alpin - mise à jour 2017

La conservation de la flore sur un territoire aussi vaste que les Alpes françaises ne peut s’envisager sans un partenariat fort et pérenne avec l’ensemble des organismes qui interviennent sur tout ou partie des actions de conservation : gestionnaires d’espaces naturels, universitaires, associations de protection de la nature, etc.

De cette constatation est née l’idée de réunir tous les partenaires et les acteurs de la conservation de la flore travaillant sur un même territoire pour créer un réseau visant à développer les échanges et à mutualiser les connaissances et les compétences afin de mettre en œuvre des actions concertées de préservation de la flore.

Le territoire de référence de ce réseau est le territoire du Conservatoire botanique national alpin (Ain, Haute-Savoie, Savoie, Isère, Drôme, Hautes-Alpes, Alpes de Haute-Provence) qui en devient l’animateur dès sa création en 2008 ; le réseau prend alors le nom de Réseau Alpes-Ain de Conservation de la Flore.

26 organismes en sont aujourd’hui membres.

Les travaux mis en place par le réseau répondent à des enjeux actuels très forts de conservation de la flore et des habitats de la part de l’Europe, de l’Etat et des collectivités territoriales. Ils sont actuellement financés par l'Europe via un programme opérationnel interrégional du massif des Alpes : POIA Réseauflore.

Ses principaux objectifs sont :

  • l’élaboration de protocoles communs de suivi sur les espèces et les habitats prioritaires,
  • la mise en place d’une méthode de priorisation des espèces et des actions de conservation,
  • le développement d’une base de données commune (développée initialement par les services du Parc national des Ecrins) afin que les données soient stockées et mises à disposition de tous les membres du réseau,
  • la mise en place d’actions et de plans de conservation communs.

Trois niveaux de suivi sont définis en fonction des objectifs à atteindre :

  • un suivi par territoire pour savoir comment la population d’un territoire donné évolue dans le temps (progresse, régresse ou stagne),
  • un suivi par station pour connaître la dynamique d’une population sur un site donné (éventuellement avec des modes de gestion différenciés),
  • un suivi par individu pour connaître la démographie d’une population donnée.

Depuis 2008, le réseau a ainsi permis aux acteurs de la conservation de se rencontrer, de partager leurs expériences et de mutualiser leurs données. Une dynamique réelle est née et permet aujourd’hui d’obtenir des données chiffrées robustes en matière de suivi d’espèces et d’habitats patrimoniaux sur 7 départements. Les données brutes sont saisies dans la base du réseau, accessible à tous les membres.

Dès son lancement, le réseau s'est associé le regard des chercheurs du Laboratoire d'écologie alpine (Université de Grenoble).

Aujourd'hui, les premiers jeux de données diachroniques ont été analysés par les biostatisticiens du CEFE (centre d'écologie fonctionnelle et évolutive de Montpellier) pour le Liparis de Loesel et la Serratule à feuilles d’Hysope notamment, ce qui a permis de faire de nouvelles propositions d’amélioration des protocoles de suivi.

Parmi les espèces suivies en Savoie, on peut citer le Liparis de Loesel, le Panicaut des Alpes, la Potentille du Dauphiné, l’Orobanche de Bartling, la Violette élevée, et pour les habitats, les bas marais artico-alpins. En savoir plus : pôle flore habitats.

Ce choix d’espèces et d’habitats s’est basé à la fois sur des critères de rareté, de responsabilité du territoire pour leur conservation, et également de potentiel d’implication des partenaires sur ces taxons et habitats.

Photo : Conservatoire botanique national alpin - suivi de l’Orobanche de Bartling en Chartreuse (CBNA, Gentiana, réserve naturelle des hauts de Chartreuse).

Zoom sur le Parc naturel régional du Massif des Bauges

Source : PNR du Massif des Bauges - mise à jour 2017

Le Parc naturel régional du Massif des Bauges, membre historique du réseau Alpes-Ain de conservation de la flore participe activement au travail de suivi des espèces prioritaires et considère le réseau comme un acteur fondamental à son action et ce à plusieurs niveaux :

  • un appui scientifique et technique qui permet de se doter de méthodes robustes scientifiquement et partagées entre acteurs de la conservation du patrimoine naturel. Il permet d'avoir un langage commun, de comparer les résultats obtenus localement, ou les agréger à une échelle plus vaste ;
  • une dynamique motivante. Le suivi des milieux et des espèces nécessite généralement une inscription sur le long terme qui s'efface souvent face aux priorités du moment. Le réseau "oblige" ainsi à maintenir un rythme. Le PNR du Massif des Bauges suit ainsi depuis 2003, les stations de Chardon bleu et de Potentille du Dauphiné de son territoire et est à même de montrer l'évolution des populations qui le concerne. Il peut aussi expliquer sa responsabilité propre dans le dispositif de conservation de ces espèces ;
  • le réseau est donc également un élément de dialogue important vis-à-vis des élus du territoire et des exploitants agricoles concernés par ces espèces.