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Les déchets

Le brûlage des déchets verts

En région Rhône-Alpes, une large part du territoire est exposée à des concentrations de particules émises dans l'atmophère supérieures aux valeurs réglementaires destinées à préserver la santé humaine. La région fait partie des territoires pour lesquels un contentieux est engagé entre la France et la Commission européenne pour non-respect de la réglementation sur la qualité de l’air concernant les particules fines.
Dans ces conditions, toute baisse d'émissions de ces composés toxiques est la bienvenue : l'arrêt du brûlage domestique des déchets verts, activité loin d'être anodine, peut contribuer à améliorer notre air et donc notre santé, d’autant plus que des polluants autres que les particules sont concernés.

Une activité fortement émettrice de polluants dangereux pour notre santé

Nos activités quotidiennes, notamment le chauffage et le transport routier, sont à l’origine de la majorité des rejets de particules.

La combustion à l’air libre de végétaux participe également aux émissions de plusieurs polluants, dont les particules, mais aussi des composés cancérigènes comme les HAP et le benzène. Les conditions de brûlage des déchets verts sont très peu performantes et émettent bon nombre d'imbrûlés, notamment si les végétaux sont humides. Ce brûlage en association avec des déchets (plastiques, bois traités, papiers souillés, carburants) est totalement à proscrire en raison de sa haute toxicité.

Une activité interdite mais pourtant largement pratiquée

Outre la gêne pour le voisinage et les risques d'incendie qu'il engendre, le brûlage de végétaux contribue significativement à la dégradation de la qualité de l'air en zones urbaines et périurbaines.
En dehors des dérogations préfectorales indispensables à certaines activités, le brûlage de déchets verts est interdit depuis plusieurs années par le règlement sanitaire départemental.
Suite au Plan particules national, une circulaire ministérielle, adressée aux préfets le 18 novembre 2011, rappelle les bases juridiques relatives à l’interdiction du brûlage à l’air libre des déchets verts et présente les quelques dérogations autorisées.

Des solutions plus respectueuses de l’environnement existent

comme l'apport en déchetterie ou le compostage : article sur le devenir des déchets verts (édition n° 17 de l'observatoire savoyard de l'environnement - données 2009).

En quelques chiffres...

La Savoie contribue à 8% des émissions régionales de PM10 pour les feux de déchets verts.

Le brûlage de 50 kg de végétaux émet autant de particules que :
- 18 400 km parcourus pour une voiture essence récente (16 800 km pour une voiture essence très ancienne),
- 5 900 km parcourus pour une voiture diesel récente (1 300 km pour une voiture diesel très ancienne),
- 3 mois de chauffage d’une maison équipée d’une chaudière fioul performante,
- 3 semaines de chauffage d’une maison équipée d'une chaudière bois performante.

L’apport des végétaux en déchetterie (trajet de 20 km supposé) est systématiquement plus favorable qu’une combustion sur place pour la qualité de l’air. Le bilan est particulièrement favorable pour les particules, les HAP et les COV. Bien que moins favorable pour les oxydes d’azote, il reste toutefois positif.

Impact du brûlage des déchets verts

Hypothèses et définitions :
-Distance totale parcourue en véhicule supposée pour le transport en déchetterie : 20 km ;
-Particules pouvant être inhalées : PM10 (particules dont le diamètre est inférieur à 10 μm) ;
-HAP : les 4 HAP pris en compte par le protocole d’Aarhus de la CEE-NU sont le benzo(a)pyrène, le benzo(b)fluoranthène, le benzo(k)fluoranthène et l'indeno(1,2,3-cd)pyrène ;
-Nature des déchets verts considérés : mélange de feuilles et de branchages ;
-Type de parcours en véhicule : urbain peu dense ;
-Cylindrée supposée des véhicules : inférieure à 2 litres.