RSS
Mobile
Google+
Facebook
Twitter
Les éditions
Lettres d'information
Contacts
Conseil départemental de la Savoie

Suivis d'espèces

Les bilans départementaux de suivis d'espèces soumises à une pression anthropique :

Le gypaète barbu en Savoie

Source : Parc national de la Vanoise - mise à jour 2017


Le gypaète barbu est l'un des plus grands vautours établis en Savoie ; il a la particularité de se nourrir en partie d'os de carcasses. Après sa disparition des Alpes au début du XXe siècle, il a été réintroduit à partir de 1986 dans le cadre d'un vaste projet impliquant la plupart des pays de l'arc alpin ; 190 oiseaux ont été lâchés dans les Alpes et le Massif central, et il est à nouveau visible dans le ciel de Savoie depuis 1989. La population alpine est considérée comme viable depuis 2006. Les lâchers se poursuivent pourtant afin de favoriser la diversité génétique et de créer un lien entre les Alpes et les Pyrénées par des réintroductions dans les Causses (cf. programme LIFE GYPCONNECT 2015–2021). Deux noyaux de population apparaissent désormais : en Suisse orientale et autour du Mont-Blanc (Savoie, Haute-Savoie, Valais, Val d'Aoste).

Les 11e international bearded vulture observation days (prospection internationale organisée à l'échelle de l'arc alpin), rassemblant professionnels du Parc national de la Vanoise et bénévoles de la LPO, ont permis, en octobre 2016, d'observer 54 individus en Savoie. La population alpine totale a cependant été estimée entre 120 et 151 animaux en 2015, et 172 et 218 en 2016*.

*Population estimée prenant en compte les observations effectivement réalisées et les données de population déjà connues.

Le gypaète barbu se reproduit en nature depuis 1997 (1ère naissance alpine en Haute-Savoie) et depuis 2002 en Savoie.

Quatre couples sont présents sur le territoire du Parc national de la Vanoise (Termignon, Bessans, Val-d'Isère et Peisey Nancroix) sur les 34 couples reproducteurs désormais connus sur la chaîne alpine. Depuis 2014, un autre couple semble s’être également installé en vallée des Chapieux. En 2016, ce sont 25 jeunes gypaètes qui se sont envolés sur l’ensemble des  Alpes. Des oiseaux adultes, ou des jeunes, sont par ailleurs observés, surtout au nord (Aravis) et dans l'est du département (Beaufortain, Vanoise, Encombres, Thabor-Galibier).

Depuis 2012, il est possible de suivre la reproduction du couple de gypaète barbu de Termignon grâce à une webcam (active de janvier à juillet).

La stratégie démographique du gypaète barbu est basée sur une durée de vie très longue (20 à 30 ans en nature), une reproduction rare (1 jeune tous les 2 à 3 ans) et tardive (à partir de 7 ans). Le maintien de la population nécessite donc une faible mortalité des adultes.

Ainsi, il convient de minimiser les risques de mortalité des adultes pour assurer le succès de cette réintroduction. Des cas de mortalité sont connus en Savoie dont certains concernent des cas de percussion sur des lignes électriques. Avec l'empoisonnement (au plomb pour l'essentiel), les câbles aériens représentent la menace majeure pour la survie des grands rapaces. Pour limiter ces risques, le Parc national de la Vanoise travaille depuis plus de 10 ans avec ses partenaires pour identifier les zones les plus dangereuses et équiper les lignes électriques et les remontées mécaniques de dispositifs de visualisation qui bénéficient à toute l'avifaune.

En savoir plus : Observatoire savoyard de l'environnement - inventaire et visualisation des câbles aériens dangereux pour les oiseaux en Savoie.

Dans cette perspective, un projet intitulé LIFE GYPHELP (financement européen Life+) a vu le jour en 2014 afin de réduire les causes de mortalité pour le gypaète barbu et les espèces associées. La tranquillité des aires entre décembre et juillet est aussi la clé du succès de la reproduction. Pour cela, des actions de concertation et de communication vers les professionnels et le grand public sont mises en place autour des sites de nidification.

Le gypaète barbu témoigne par son retour de la qualité d’un environnement abondant en ongulés sauvages et domestiques et de la présence de milieux de vie favorables et préservés.

Observatoire savoyard de l'environnement : bilans 2014 et 2013 sur le gypaète barbu en Savoie.

 

Le vautour fauve en Savoie : suivi 2016 des populations

Source : LPO - mise à jour 2017

Chaque été, depuis 2010, un comptage simultané sur dortoirs est organisé fin août sur les Alpes françaises (et leur bordure italienne) dans la zone régulièrement fréquentée par les vautours. Malheureusement, les mauvaises conditions météorologiques rencontrées sur l’ensemble des massifs le jour programmé n’ont permis de suivre que quelques sites et, qui plus est, pas de façon simultanée : les rares données collectées ne permettent donc pas d’évaluer la population globale (à l’échelle du massif alpin) ni locale (à l’échelle départementale).

Evolution des effectifs de vautour fauve estivant en Savoie
et dans la zone alpine couverte le jour du comptage annuel

Année Département
de la Savoie
Alpes françaises
et bordure italienne
2010 50 765
2011 148 1 162
2012 195 1 479
2013 182 1 622
2014 295 1 674
2015 151 1 720
2016* * *

* Effectifs 2016 non exploitables du fait d’un comptage trop partiel (pour cause de mauvaises conditions météorologiques).

Source : Groupe Vautours Alpes


En 2016, les périodes d’observation des vautours restent compatibles avec celles des années précédentes.

Les premiers individus sont remarqués en avril/mai en passage sur les Bauges et arrivant en Maurienne. Puis avec des effectifs croissants, ils se dispersent courant juin vers le centre et l’est du département. Le maximum de présence et les groupes les plus importants sont notés en août, pour progressivement diminuer en septembre et octobre avec leur retour vers les régions de présence permanente plus au sud. Les observations en Savoie fin octobre ou en novembre sont anecdotiques et grandement dépendantes des conditions météorologiques.


L’évolution 2016 en Savoie réside surtout dans la présence plus constante de l’espèce dans le Beaufortain et le long de la chaîne des Aravis, de juillet à septembre, et ce de façon simultanée sur différents sites. Ces massifs étaient déjà fréquentés lors des étés précédents mais de façon plus imprévisible et opportuniste.

Parallèlement, les observations, comme les effectifs, ont été moins nombreux du côté de la Haute-Maurienne où, par contre, les passages se sont faits plus réguliers en rive gauche de l’Arc (à corréler avec la fréquentation croissante du versant italien).

 

Observatoire savoyard de l'environnement : bilans 2015 et 2014.

 

 

La cistude d’Europe

Source : CEN Savoie - mise à jour 2017

Réintroduction de la cistude d’Europe dans le lac du Bourget et le Haut-Rhône savoyard

 

Contexte du programme

Le programme de réintroduction de la cistude d’Europe, agréé en 1995 par le Conseil national de protection de la nature, est conduit à l’échelle du site Natura 2000 "Lac du Bourget-Chautagne-Rhône", par le CEN Savoie,  animateur du Plan national d’action Cistude.

En savoir plus : Observatoire savoyard de l'environnement - plan d'actions en faveur des espèces menacées.

Le projet englobe le lac du Bourget (45 km de littoral), les 30 km de Rhône savoyard (plus le côté Ain), le marais de Chautagne avec son réseau de drains et canaux, ainsi que des terrains du Conservatoire du Littoral. Cela représente ainsi une importante diversité de milieux : étang des Aigrettes, ruisseaux, lônes et casiers d’extraction ("gravières" phréatiques) et 8 km de roselières littorales.

Les animaux relâchés sont tous issus d’élevage : ce sont des juvéniles (entre 4 et 5 ans), provenant de parcs animaliers (4 en France). Ce partenariat est donc particulièrement important. Malheureusement, aujourd’hui, le cheptel de géniteurs et les succès de reproduction ne permettent pas une production de juvéniles suffisante et donc un aboutissement du programme à court, voire moyen terme.

Photo : Manuel Bouron - CEN Savoie


Statut des différents noyaux de population en 2017

Au sud du lac du Bourget, deux sessions de recaptures en 2007 et 2016 ont révélé un minimum de 100 individus marqués individuellement, avec des jeunes nés chaque année et une excellente croissance, signes d’une recolonisation en bonne voie.

A Portout et Chanaz, deux lâchers en 2009 et 2014 de 90 juvéniles au total ont montré en 2014 une sédentarisation, une croissance et une survie satisfaisantes. La maturité sexuelle était attendue à partir de 2015 : des naissances sur site ont donc peut-être déjà eu lieu...

En fonction des productions des parcs animaliers et des suivis à venir, le choix sera à faire entre l’implantation de nouveaux noyaux (notamment sur le Rhône), car potentiellement le double de sites pourrait être implanté, et le renforcement de noyaux existants, car l’on ne dispose pas encore de retours suffisamment solides sur tous les sites implantés.

Au total, ce sont près de 120 individus relâchés depuis le début du programme en 2000.