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Infos pratiques

Le patrimoine

IR9 - Val d'Arly, Beaufortain, Haute-Tarentaise

Résumé

Sites, monuments et personnages célèbres en Val d'Arly, Beaufortain et Haute-Tarentaise

Détail
Ugine

Ugine se trouve sur l’axe Albertville-Annecy, au débouché des gorges de l’Arly. La plaine, longtemps inondée par les eaux de l’Arly ou de la Chaise, explique la position en hauteur des hameaux, sur des coteaux ensoleillés, propices aux vignobles et aux vergers.

Le bourg connaît son développement avec la fortification du château par les comtes de Savoie. Sous Boniface de Savoie, Ugine devient un avant poste militaire entre Savoie, Faucigny et Genevois et un bourg commerçant où résident des familles nobles qui ont laissées de nombreuses maisons fortes, comme celle de Crest-Cherel (XIIIe-XVe s.) abritant le musée des arts et traditions populaires du Val d’Arly. Après 1355 Ugine perd de son importance au profit de Conflans et de Faverges n’ayant plus de vocation stratégique majeure. La paroisse est dédiée à saint Laurent et l’église aurait toujours eut le même emplacement, bien que reconstruite en grande partie en 1685.

Jusqu’au XIXe s. le bourg garde une atmosphère rurale, modifiée par l’implantation industrielle en 1903 qui change radicalement l’aspect et le destin d’Ugine.

Dans les années 1970 les villages d’Héry et d’Outrechaise sont rattachés à la commune d’Ugine. Accroché aux pentes du Mont Charvin et protégé des caprices de l’Arly, la paroisse d’Héry semble la plus ancienne du secteur. Son église renferme un décor de style baroque datant dans son ensemble du XVIIIe s. Les gorges de l’Arly étroites et sauvages, forment une gouttière vertigineuse de Flumet à Ugine sur 15km de long. La route ouverte en 1884 pour offrir un accès direct à Megève est souvent rendue impraticable par les glissements de terrain et les chutes de blocs, nécessitant d’emprunter l’ancienne voie par Héry.

Girod, Braillard et Le Même : une vision anthropologique de l’architecture

Paul Girod (1878-1951), ingénieur suisse d'origine savoyarde, fonde entre 1903 et 1908 les aciéries d'Ugine, en équipant une chute d'eau de l'Arly puis en aménagement des bassins sur l'Arly, le Doron de Beaufort et le Bon Nant. La première coulée d'acier est effectuée aux Forges et Aciéries électriques Paul Girod en 1910. Il est évincé en 1922 et sa société s'oriente alors vers la production d'inox, donnant naissance à Ugine-Savoie, première productrice mondiale à partir de 1976.

Le besoin de main-d’œuvre le pousse à créer un phalanstère et une citée dont l’urbanisme et les architectures sont confiées au genevois Maurice Braillard (1879–1965). Principal bâtiment, le phalanstère comprend 80 logements pour ouvriers célibataires, salle de spectacle, cinéma, coopérative, dispensaire et école. A côté de l’usine, les villas Nègres et Neuves complètent cet ensemble. Sur les hauteurs du bourg, les villas des Charmettes sont attribuées aux contremaîtres et leurs familles. Paul Girod eu à cœur de développer une institution à caractère social qui a fait tradition à Ugine et dans le groupe. Celle-ci rejoignait totalement les préoccupations de Braillard, visionnaire animé par un projet social, souhaitant intégrer l’art et l’artisanat à l’architecture ce qui est bien perceptible à Ugine. Cette conception de l’art d’habiter doit aussi beaucoup à l’architecte Henry Jacques Le Même (1897-1997), pour qui l’habitat individuel développé à Megève, demeure le symbole de l’art de vivre en montagne.

Une brebis locale, la Thônes et Marthod

Jusqu'à la fin du XIXe s., chaque vallée savoyarde possédait son propre type de brebis. Dans la peinture du retable de l’église Saint-Jean-Baptiste de Marthod, le saint patron est accompagné d’une brebis de cette race locale, Thônes et Marthod, issue d’une vieille souche méditerranéenne.

En 1975, un travail de sauvegarde est engagé, aboutissant en octobre 1992 à la création de l'Union des Eleveurs de la Race Thônes et Marthod qui regroupe aujourd’hui une soixantaine d'adhérents. Le premier travail de l’UTM a été de décrire ces animaux blancs avec nez, yeux, oreilles et pieds noirs en tenant compte des diversités qui ont toujours existé et qui répondent à des choix économiques : les grandes brebis moins lainées sont orientées vers la production laitière, celles plus râblées sont sélectionnées pour produire des agneaux destinés à la boucherie.

La Thônes et Marthod est une brebis rustique, calme, qui supporte bien les longues stabulations hivernales dans des conditions difficiles : quelques troupeaux hivernent en plein air. Elle est aussi très bien adaptée à l'estive en haute montagne (jusqu’à 3000 m.). Bonnes laitières, les brebis nourrissent leurs agneaux à partir des ressources des alpages pour les mises bas de printemps. La totalité du lait est transformée à la ferme. La vente directe de viande en caissettes s'accroît grâce à l'aide de la SICA viande du Beaufortain qui valorise les races locales. Ces animaux, dociles et calme, utilisent et entretiennent l'espace montagnard.

De Queige à Villard-sur-Doron

Situé au débouché des gorges de Venthon, le village de Queige est également implanté le long de la route du col de la Forclaz.  Les ruines du château de Cornillon, encore visibles en suivant un chemin de randonnée au sud du col, dominent cette voie ancestrale reliant le Val d’Arly au Beaufortain et témoignent des luttes seigneuriales pour le contrôle de ces terres.

En arrivant à Queige, l’église Sainte-Agathe qui abrite un magnifique retable baroque aux remarquables colonnes torse s’adosse à un puissant et austère clocher, ancienne tour civile médiévale, qui évoque encore le passé des seigneurs locaux.

En montant sur Villard,  de l’autre côté de la rivière se trouve le hameau de Bonnecine où les Hospitaliers de Malte possédaient des propriétés. La vallée ensuite plus large permet d’ apercevoir le sommet du Mont Blanc. Cette vaste plaine est bordée à gauche par le versant ensoleillé et le village serré autour de son église St-Pierre. A droite, au revers, le versant du Mirantin est couvert d’épicéas, juste avant le pont un arboretum permet de découvrir de nombreuses variétés forestières. Autrefois appelé le Villard de Beaufort, Villard-sur-Doron était connu pour ses marchands joailliers et ses dentellières. Aujourd’hui, l’activité de Villard est partagé entre les activités agricoles et le développement touristique sous le plateau de Bisanne.

La Giettaz

Vie montagnarde, villégiature et santé

La Giettaz se situe dans un vallon encaissé sensible aux avalanches, au pied de la chaîne des Aravis, sur l’itinéraire antique des cols du Jaillet (1723m) et des Aravis (1486m). Dans ce secteur, trois bornes gravées « Fines » (limite) datant de 74 ap. J.C. marquent les confins des territoires des Ceutrons et des Allobroges, et sans doute déjà les zones d’alpages. Ceux-ci, bien que de petite taille, sont jusqu’au milieu du XXe s. l’unique richesse des Giettois, convoitée par leurs voisins.

Dès le XIIe s., les bénédictins du prieuré de Megève viennent encadrer les communautés paysannes, tout en mettant en valeur de nouvelles terres. En 1390, la Giettaz est détachée de la paroisse de Flumet et construit sa propre église dédiée à saint Pierre aux Liens. Reconstruite en 1857, elle reçoit un clocher à bulbe en cuivre et des retables de style baroque. La très forte piété religieuse se manifeste jusqu’à nos jours par les nombreuses chapelles et oratoires.

La déprise agricole d’après-guerre a entraînée aussi un départ massif vers les villes industrielles voisines, mais profitant de l’essor touristique l’agriculture demeure présente autour du reblochon.

La Villa Jeanne d’Arc

Au début du XXe s., le visionnaire et dynamique abbé Joseph Daviet, propose à ses paroissiens de construire une maison pour l’accueil des « étrangers ». Il entend à la fois financer les œuvres paroissiales et profiter de l’image de la Route des grandes Alpes Annecy-Chamonix, dont le tracé passe par la Giettaz. Le P.L.M et le Touring Club de France promettent d’inscrire l’étape giettoise sur le tracé et d’apporter leur aide.

Dans un site pittoresque dominant le village, les travaux sont réalisés entre 1908 et 1914, avec une forte implication des paroissiens et de leur curé. En juillet 1914, l’Hôtel Jeanne d’Arc ouvre ses portes offrant sur trois étages tout le confort moderne de l’époque. Mais la première Guerre Mondiale éclate ; le mobilier est réquisitionné pour fournir les ambulances militaires installées dans la maison de Girod à Ugine. De 1915 à 1923, la Villa devient une maison de repos confiée à la Croix Rouge de Lyon pour son programme « ‘l’œuvre du repos de la jeune fille au grand air ». Le bâtiment est agrandit en 1925.

En 1928, la Villa se réoriente en préventorium, une maison de repos pour soins légers, sous l’impulsion de l’association des « œuvres de La Giettaz » qui existe toujours. Elle accueille des milliers de jeunes filles, puis des hommes à partir de 1985, clientèle qui revient souvent en famille à La Giettaz, quand elle ne s’y installe pas ou ne s’y marie pas. Rénovée et mise aux normes avec chambres individuelles en 1968, elle fonctionnera ainsi jusqu’en 2001, avec près de 20 000 nuitées par an de 1992 à 2001.

Flumet et Saint-Nicolas-la-Chapelle

Situé sur l’axe Combe de Savoie-Vallée de l’Arve et au débouché des cols des Aravis et des Saisies, Flumet est placé sur un éperon rocheux, à la croisée des eaux de l’Arly et de l’Arondine. Cette position naturellement défensive et stratégique a été choisie par les barons du Faucigny au XIe s. pour y édifier un château puis une ville forte. Flumet doit son essor à Aimon II de Faucigny qui en 1228 octroie de franchises aux habitants, les premières du genre en Savoie. Le bourg se développe rapidement, attirant négociants et artisans dans sa Grande Rue et lors des marchés et foires. La maison forte de Bieux témoigne de ce passé médiéval tout comme les maisons suspendues au-dessus de l’eau, qui présentent une architecture originale où s’enchevêtrent logis et galeries. Avec la  conquête du Faucigny par Amédée VI de Savoie en 1355, Flumet est rattaché à la Maison de Savoie, comme châtellenie.

On trouve trace de la paroisse Saint-Théodule dès 1202 ; elle englobait à l’origine tous les villages du haut Val d’Arly. L’église reconstruite et consacrée par l’évêque de Genève François de Sales en 1606 est incendiée en 1679 ainsi que le château et une partie des habitations. L’édifice actuel de style baroque abrite un retable à baldaquin, unique exemple en Savoie avec celui de Saint-Nicolas-la-Chapelle.

Depuis 1963 Flumet est une station-village aujourd’hui connecté à l’Espace Diamant qui a su garder son identité et valoriser ses savoir-faire : élevage mulassier et concours de poulain, « moulin à T’ienne », coopérative laitière du Val d’Arly.

Elevage, pastoralisme et alpage en terre d’AOC en Haut Val d’Arly et Beaufortain

Les traditions d’élevage et de pastoralisme semblent remonter au néolithique et les tous premiers usages de l’alpage également. Pour ces périodes anciennes, il s’agissait certainement de caprins et d’ovins. Plus tard,  Pline  évoque dans un texte une « petite vache rousse » que l’on a identifié comme l’ancêtre de la "Tarine". La certitude d’un élevage bovin ainsi qu’une production fromagère sont donc attestés depuis l’Antiquité. Aujourd’hui, les chèvres "Alpine", les brebis "Thônes et Marthod", les vaches "Tarentaise" et "Abondance" sont celles qui peuplent nos hautes vallées. Leurs laits sont à l’origine de différentes spécialités fromagères : tommes variées, grataron, ou les différentes AOC comme la tome des Bauges, le chevrotin, le reblochon et le beaufort.

L’élevage équin et surtout mulassier est lui aussi présent depuis l’Antiquité où des mulets des Alpes étaient utilisés par les légions. En 1228, les textes parlent de droits à payer pour les ânes et mulets à Flumet. Cette activité sera présente jusqu’à la Seconde guerre mondiale, à Flumet comme à Hauteluce. Chevaux et mulets sont d’abord destinés à un usage local, mais c’est aussi un négoce florissant. Animaux de trait, de labour, de déneigement, de portage, ils sont indispensables aux paysans ainsi qu’aux troupes alpines.

Ces traditions anciennes d’agro-pastoralisme, sont encore bien présentes aujourd’hui avec des paysages façonnés par des siècles de travail.

 

Charles Cart et l’atelier du Cyclope

Originaire de Thonon, Charles Cart, céramiste, ouvre dès 1948 une poterie à Annecy-le-Vieux, dans l’ancienne carrière Adami. En 1961, il dépose la marque Poterie d’Annecy qui devient en 1963 Le Cyclope, émaux des glaciers, émaux des neiges. En fonction du travail, il s’entoure d’une équipe de trois ou quatre tourneurs, parmi lesquels on peut citer Maurice Anthonioz, André Ravand, André Verrien et Jacky Liard, tous présents entre 1958 et 1973. L’atelier étant l’un des derniers à fermer dans la région annecienne, de nombreux tourneurs célèbres y achèveront leur carrière, comme en 1960 Urbain Gojon.

Les pièces ordinaires de l’atelier du Cyclope sont presque toutes à fond noir et à relief boursouflé blanc, vert turquoise rouge ou jaune.

Les Saisies

A 1650m d’altitude, aux confins du Beaufortain et du Val d’Arly, dans un site particulièrement ensoleillé et enneigé qui s’appuie sur  les pentes douces du col des Saisies, cette station atypique s’est développée au fil du temps.

Qui aurait pu présager qu’elle allait atteindre une renommée de dimension internationale et accueillir en 1992 les disciplines de fond et de biathlon des Jeux Olympiques ? Personne, excepté Erwin Eckl, un moniteur de ski autrichien originaire d’Innsbruck qui, à Noël 1936, ouvre au col des Saisies le premier hôtel refuge au milieu d’une trentaine de granges inhabitées ! A l’époque, il est le seul à croire au développement touristique du col. En 1961, deux communes du Beaufortain : Hauteluce et Villard-sur-Doron, et deux du Val d’Arly : Crest-Voland et Cohennoz, mettent en commun leur savoir-faire et créent le Syndicat Intercommunal à Vocations Multiples pour l’aménagement du col des Saisies. En quelques décennies, la station, dont le développement est maîtrisé par la collectivité, atteint son apogée.

En 2001, avec la création de L’Espace Diamant qui relie le Beaufortain au Val d’Arly, elle consolide son domaine alpin, trouvant ainsi un juste équilibre avec le domaine nordique. Durant la période estivale, son environnement privilégié au cœur des alpages, lui procure calme et sérénité, tout en proposant une gamme d’activités diversifiées.

Hauteluce

La paroisse d’Hauteluce, attestée depuis 1171 occupe la vallée du Dorinet en amont de Beaufort, soit un territoire compris entre les cols des Saisies et du Joly  qui font respectivement communiquer le Beaufortain avec le Val d’Arly et le Val Montjoie.

Flanquée d’un remarquable clocher à bulbe dominant la vallée de ses 55 m de haut, l’église Saint-Jacques-d’Assyrie est ornée, en façade, d’un décor en trompe-l’œil réalisé au XIXe s. A l’intérieur, le retable majeur, de style baroque, est signé Joseph Albertini et Joseph Gentil et les personnages qui ornent la chaire sont attribuées à Jacques Clérant.

Au cours des siècles, une importante population s’est répartie dans un grand nombre de hameaux : ils sont généralement dotés d’une chapelle tels que Saint-Sauveur, Annuit, Les Prés, Le Planay , Le Praz…

Particulièrement remarquable, la chapelle des Douze Apôtres, au hameau de Belleville, se compose d’un bâtiment d’allure romane datant probablement du XIIe s. La peinture murale du XVe s., située à l’extérieur, représente une Vierge de Miséricorde. C’est l’une des rares peintures murales médiévales conservées en Pays de Savoie.

Jean-François Ducis (1733-1816)

Né à Versailles d’une famille originaire de Hauteluce, Jean-François Ducis entre à dix-huit ans comme secrétaire chez le maréchal de Belle-Isle qui l’emmène dans ses tournées d’inspection des places fortes, puis le place au ministère de la Guerre. Pour lui permettre de se consacrer à sa passion pour le théâtre, son protecteur l'autorise à quitter ses fonctions, tout en lui versant ses appointements. Il donne en 1768 sa première pièce qui est huée, mais tenace, il trouve alors son style : mettre au goût français les pièces de Shakespeare. Il les remanie à partir de traductions puisqu’il ne parle pas l’anglais, et connaît un certain succès. En 1775, en tant que secrétaire du comte de Provence, le futur Louis XVIII, il conduit à Chambéry la sœur du comte, fiancée au prince Charles-Emmanuel de Piémont. En 1778, il est élu à l’Académie française, au fauteuil de Voltaire. Son discours de réception, très applaudi, commence par cette phrase : « Messieurs, il est des grands hommes à qui l’on succède et que personne ne remplace. ». En 1785, il se rend à Moûtiers pour régler la succession de son oncle, le chanoine homonyme Jean-François Ducis. Lors du voyage de retour, il est grièvement blessé dans la traversée de la chaîne de l'Épine. Laissant Shakespeare, il se lance en 1801 dans l'écriture de ses propres pièces, mais arrête peu de temps après, conscient de l'inintérêt du public, et se retire à Versailles. Napoléon voulut le faire sénateur mais il refusa en disant : « Je suis catholique, poète, républicain et solitaire : voilà les éléments qui me composent, et qui ne peuvent s’arranger avec les hommes en société et avec les places ». Cependant, il accepta de Louis XVIII la Légion d'honneur. Jusqu’à sa mort en 1816, il compose de petites pièces en vers reflétant sa simplicité, sa bonté et l’amour de la nature.

L'hydroéléctricité et l'essor des vallées

L’invention de l’hydroélectricité en Isère à la fin du XIXe s. favorise l’implantation, dans les vallées de montagnes, de nouvelles industries ayant d’importants besoins en électricité, ce qui implique l’aménagement des cours d’eau en altitude avec des captages et des conduites forcées.

Dès 1896, Armand Aubry fait aménager la chute du Doron pour sa papeterie de Venthon. A partir de 1903, la création des aciéries d’Ugine par Paul Girod engendre de nouveaux besoins en électricité. Six petits barrages sont construits entre 1909 et 1937 dans le Beaufortain. En 1939, les 348 000 000 kWh produits sont destinés aux usines de Venthon et Ugine.

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, le chantier d’agrandissement de la retenue de La Girotte  sert à abriter des Résistants de la célèbre « Compagnie du lac ». L’achèvement de cet ouvrage, en 1949, est rapidement suivi de chantiers titanesques entrepris à partir de 1956. Ces chantiers ont conduit à d’importants bouleversements humains et économiques ; des alpages sont noyés mais parallèlement de nombreux emplois sont créés permettant à la population  agricole d’avoir deux activités. Les trois barrages réservoirs alors construits (Roselend, Saint-Guérin et La Gittaz), sont alimentés par les captages des eaux du Beaufortain, de la rive droite de l’Isère et du massif du Mont-Blanc. Tous trois communiquent entre eux. L’eau, qui est acheminée par des galeries jusqu’à la conduite forcée, arrive par une chute de 1200m à la centrale souterraine de La Bâthie qui est située sur l’autre versant du massif, dans la vallée de Tarentaise.

Beaufort un bourg commerçant

Situé au cœur du massif, le village de Beaufort joue un véritable rôle de capitale régionale dotée de nombreux commerces et d’équipements publics (poste, gendarmerie, collège…). Après la Seconde Guerre Mondiale, la construction des grands barrages du Beaufortain a permis de réguler les torrents ce qui a favorisé le développement du village au pied du bourg médiéval dans un secteur autrefois régulièrement inondé.

Celui-ci, concentré autour de l’église, est en effet construit sur un contrefort granitique à l’abri des inondations au-dessus de la confluence de l’Argentine et du Doron. Implanté au croisement de deux voies de passage vers la Tarentaise, le village est au Moyen Age protégé par le château des Vanches, propriété des seigneurs de Beaufort, jusqu’à son intégration en 1355 dans le domaine des Etats de Savoie. Beaufort est au XVIIIe s. une cité prospère, la plus peuplée de Savoie après Chambéry. Sa richesse vient des revenus de la forêt, et surtout des alpages où sont élevés d’importants troupeaux permettant ainsi la fabrication et le commerce des fromages de Beaufort. On peut  en découvrir la fabrication actuelle à la Coopérative laitière et sentir l’importance de l’économie agro-pastorale.

Les dimensions de l’église et la richesse de ses décorations témoignent de l’importance passée de ce bourg. C’est durant cette période de prospérité que des notables prenant le titre de « bourgeois » obtiennent le privilège d’édifier une tour attenante à leur maison et desservant les étages. Bien que la plupart des huit tours aient été détruites, l’actuelle mairie et une demeure de notable au sud de l’église en amont d’une maison conservant l’inscription « gendarmerie impériale », en conservent de beaux exemples.

Beaufort, situé sur la Route des grandes Alpes est un passage ancestral vers le Cormet de Roselend et la Tarentaise.

Roger Frison-Roche (Paris 1906 – Chamonix 1999)

Né à Paris, le célèbre auteur de « Premier de Cordée » est issu de parents originaires de Beaufort. Pendant son enfance, de nombreux séjours à Beaufort lui permettent de découvrir  ses attaches rurales et de sentir s’éveiller en lui l’amour des sommets. Installé en 1923 à Chamonix, à peine âgé de 17 ans, il devient rapidement secrétaire du Syndicat d’Initiatives et du Comité Olympique. A cette époque, il est un sportif accompli pratiquant tous les sports d’hiver ou d’été (ski, bobsleigh, luge, équitation, natation…). Il y devient guide de haute montagne et réalise plusieurs exploits dans le massif du Mont-Blanc dont la première hivernale de l’Aiguille de Bionnassay.

Dans les années 1930, il découvre le Sahara et au début de la Seconde Guerre Mondiale, il est  correspondant de guerre à Alger. Arrêté en 1943, il est emprisonné à Naples avant d’être transféré par la Gestapo à Fresnes puis à Vichy d’où il s’échappe et rejoint Chamonix alors occupé par les Italiens. Quelques mois plus tard quand les troupes allemandes occupent Chamonix, Frison-Roche rejoint le Beaufortain et entre en clandestinité dans la Résistance. Ce passage de sa vie lui inspire son livre « Les montagnards de la nuit ». Après la guerre, il entreprend plusieurs expéditions dans le Sahara et surtout dans le Grand Nord avant de finir sa vie, dans son chalet de Chamonix.

Arêches, station village

Le village d’Arêches fit longtemps partie de la paroisse de Saint-Maxime-de-Beaufort mais en raison de son éloignement, il obtient en 1575 l’autorisation de faire célébrer la messe et les mariages dans sa chapelle et d’ensevelir les morts. Le village est finalement érigé en paroisse en 1803. L’église Saint-Jean-Baptiste, reconstruite en 1829, bénéficie d’un remarquable décor baroque figurant parmi les derniers exemples de ce style en Savoie. Longtemps, le village a tiré des revenus des différentes ressources minérales des pentes du Grand-Mont (2 687 m).

Dès le XIXe s. le village d’Arêches profite du développement du tourisme et accueille durant l’été, une clientèle aisée venue profiter du calme et des paysages. A partir de 1927, des touristes viennent également séjourner en hiver. La réalisation en 1947 de la première remontée mécanique annonce le nouveau tournant du développement des sports d’hiver que prend le village dans les années 1960. Cette station  encore marquée par une forte ruralité avec de nombreuses exploitations agricoles bénéficie d’un enneigement remarquable malgré une altitude modeste. Depuis 1986, la fameuse épreuve de ski-alpinisme de la « Pierra Menta » contribue à donner à cette station familiale une renommée internationale.

Architecture rurale et de montagne

Dans ce territoire de montagne, le bâti rural peut sembler très hétérogène, il répond toutefois aux exigences des activités agricoles et aux contraintes du climat et de la pente. Du nord au sud, la part de pierre (calcaire ou schiste) et de bois (épicéa) varie  en fonction de la localisation de l’habitat. En effet, le bois, largement dominant dans le Val d’Arly et le nord du Beaufortain se fait plus discret au sud de la vallée du Doron et devient nettement secondaire en Haute-Tarentaise et en altitude dans les alpages.

La maison principale regroupe généralement sous le même toit l’habitation, l’étable et la "grange". De l’habitat groupé des villages jusqu’aux maisons d’altitude, les anciennes et solides maisons paysannes sont facilement identifiables. Les maisons de village, accompagnées de leurs greniers qui abritent de précieuses réserves, sont serrées autour de leur clocher. Plus haut, étagées dans la pente, de nombreuses constructions (maisons de "remues", granges ou chalets d’alpage)  sont éparpillées sur les propriétés.

L’implantation des constructions cherche à utiliser au mieux la pente pour préserver les meilleures terres agricoles et faciliter l’accès aux différents étages. Pour des raisons pratiques l’étable est généralement au niveau le plus bas tandis que les combles, accessibles par l’amont, servent généralement pour les réserves fourragères. La façade principale est ainsi généralement tournée vers l’aval.

Les toitures sont à deux pans et présentent des pentes plus ou moins prononcées ; les fortes pentes étaient autrefois couvertes en chaume, permettant d’évacuer la neige. A contrario, les villages situés au-delà de 700/800m d’altitude présentent des toits à faible pente qui sont souvent couverts de planchettes d’épicéa (les ancelles) ou de pierres plates, les lauzes. Cette configuration permet de conserver sur le toit la neige qui isole du froid.

Aujourd’hui, l’évolution des pratiques agricoles, avec une mécanisation de plus en plus importante,  nécessite de nouveaux équipements qui marquent désormais les paysages. Des plus basses altitudes jusqu’à l’alpage, le développement des pistes carrossables, l’utilisation de la machine à traire ou les nouvelles étables plus spacieuses, situées à l’extérieur des villages, modifient de façon notable le bâti agricole avec l’abandon de certains édifices comme les granges. Ces nouvelles adaptations permettent une agriculture moderne tout en préservant des paysages entretenus.

Roselend

Le barrage de Roselend compte parmi les plus célèbres des Alpes françaises. Ce barrage mixte se compose d’une voûte haute de 145 m et large de 215 m épaulée par une digue elle même renforcée par des contreforts obliques. Le lac, de 320 ha ainsi obtenu offre un paysage bucolique qui suscite l’admiration.

Sur ses rives, la chapelle Sainte-Marie-Madeleine, construite en calcaire et cargneule et couverte de tavaillons (petites tuiles d’épicéa), présente un clocher-mur et une abside en cul-de-four inspirés de l’ancien édifice du XIVe s. qui se trouvait au cœur du hameau de Roselend aujourd’hui englouti.

La chapelle, est aujourd’hui le seul souvenir de ce hameau, primordial dans l’économie pastorale, qui occupait une vallée suspendue ensoleillée, réputée pour la qualité de ses pâturages et accueillant d’immenses troupeaux. Sur ces terres fertiles, on produisait du seigle, de l’avoine et du miel réputé.

A partir de 1870, Constant Gachet « dit l’Egyptien » y ouvre un premier hôtel. Quelques années plus tard Augustine Manon ouvre un autre établissement. C’est toutefois le chamoniard Alfred Couttet  qui donna une véritable impulsion touristique au village en créant en 1937 un hôtel de standing dans ce site privilégié pour le ski qui accueille notamment Jean Monnet, Jacques Prévert ou encore Irène Joliot-Curie.

Aujourd’hui, la vallée de Roselend accueille toujours sur ses alpages de nombreux troupeaux pendant l’été.

Les Chapieux

Le hameau des Chapieux, à l’entrée de la vallée des Glaciers, se situe au carrefour du Beaufortain (Cormet de Roselend), du Val Montjoie (Col du Bonhomme), du Val d’Aoste (Col de la Seigne) et de la Tarentaise. Voie de passage secondaire dès l’époque romaine, lieu de refuge, cette vallée connaît son heure de gloire dès le XIXe s. avec l’essor du Tour du Mont Blanc.

La légende raconte que saint Jacques d’Assyrie, premier évêque de Tarentaise, arriva par cette vallée où il fit ériger une chapelle en 420, au niveau de la Ville des Glaciers actuelle. Au XVIIIe s., ce sanctuaire fut dédié à Notre-Dame de l’Assomption ; détruit sous la Révolution vers 1793-1794, il sera reconstruit en 1857.

Au XVIIe s., la vallée des Chapieux a vu passer la « Glorieuse rentrée » qui marque le retour d’exil des Vaudois depuis Genève jusqu’au Piémont italien. Mouvement initié à Lyon en 1170 autour de Pierre Valdo, les Vaudois constituaient une communauté laïque prêchant une vie simple de pauvreté et de prière. Condamnés pour hérésie, ils furent tolérés en Lombardie et dans les vallées dites vaudoises (entre Montcenis et Dauphiné) jusqu’en 1300, puis largement persécutés par la Maison de Savoie comme par les rois de France. En 1500, ils se rallient à la Réforme protestante puis sont contraints de s’exiler en Suisse suite à l’Edit de Nantes (1685). En août 1689, près d’un millier d’entre eux entreprennent de rentrer chez eux. Cette expédition les mène en 6 jours du Lac Léman à Pragellato, en passant par les crêtes du Haut Faucigny, la Haute-Tarentaise par le Col du Bonhomme, le Piémont par les cols de l’Iseran et du Montcenis.

Le torrent des Glaciers naît à 2332 m d’altitude au Col de la Seigne, passe aux Chapieux (1500 m) et se jette dans le Versoyen à Bonneval-Les-Bains (1084 m). Ces cours d’eau, caractérisés par la soudaineté et l’intensité de leurs crues, ont à plusieurs reprises dégradé les accès et les terrains de la plaine de Bourg-Saint-Maurice, lors de violents orages ou encore de brusques fontes de neige.

 

Terre de défense et de résistance : entre fortifications et maquis

 

A l’aube de l’an mil, l’émergence de la Maison de Savoie coïncide avec l’épanouissement de la féodalité et la multiplication des châteaux forts. Aux premiers donjons et mottes castrales (Ugine, Marthod, Queige) succèdent un maillage de forteresses et de maisons-fortes (Les Vanches ou La Grande Sallaz à Beaufort). Ces fortifications assurent le contrôle des routes et des cols alpins (châteaux de Cornillon près du col de la Forclaz ou du Châtelard à Bourg-Saint-Maurice). Après les grands conflits féodaux, les châteaux perdent presque tous leurs fonctions de défense et de prestige,  comme celui des Faucigny à Flumet.

En 1860, après l’Annexion de la Savoie à la France un programme de nouvelles constructions sera réalisé  selon les techniques de l’ingénieur Séré de Rivière, mieux adaptées aux rapides progrès de l’artillerie. La place-forte d’Albertville est achevée en 1879, avec des sites situés entre Albertville et Ugine, comme Villard-Dessous, Tamié, Le Mont, l’Estal et l’Alpettaz. La France choisit de fortifier les débouchés des vallées alpines, en abandonnant les populations des hautes vallées en cas d’avancée ennemie. Au début du XXe siècle, l’emploi du béton donne naissance à de nouveaux types de forts et permet la consolidation d’ouvrages anciens. Le barrage de Bourg-Saint-Maurice face au Petit-Saint-Bernard se constitue ainsi entre 1890-1894 entre fond de vallée (Vulmix) et site d’altitude (La Platte). A la fin des années trente, la construction d’une ligne Maginot des Alpes sera amorcée : forts enterrés et bétonnés sur la frontière italienne (Les Chapieux, vallée des Glaciers, Petit-Saint-Bernard, Galise). à peine achevés en juin 1940, lors de l’entrée en guerre. A peine achevés lors de l’entrée en guerre de l’Italie, en juin 1940, ils subissent les assauts transalpins lors de la Bataille des Alpes qui se déroule fin juin sur les plus hauts massifs frontaliers du Beaufortain, de Tarentaise et de Maurienne. A partir de 1942, le vaste mouvement de Résistance est coordonné par des personnages charismatiques, en particulier par Jean Bulle qui commande un réseau efficace tout en protégeant la vie des hommes. Il parcoure inlassablement le territoire, des zones urbaines et industrielles comme Ugine jusqu’aux zones pastorales du Beaufortain et de la Tarentaise. Le 1er août 1944, un très important parachutage de matériel et d’armes se fera sur le plateau des Saisies, ce qui permettra d’équiper environ 3000 hommes des différents maquis du Val d’Arly jusqu’à la Maurienne, afin d’accélérer la Libération de la Savoie.

Bonneval-les-Bains

A la confluence des torrents des Glaciers et du Versoyen jaillit une source d’eau chaude thermale (36° C): le nom de Bonneval viendrait du patois bonnévaz, signifiant "bonne eau". La première mention des bains de Bonneval remonte à l’époque romaine, durant laquelle ces eaux auraient été canalisées jusqu’à Bourg-Saint-Maurice.

De 1703 à 1711, lors de l’occupation française, les bains étaient utilisés par les officiers. Au XIXes., ces eaux « salines, alcalines, chlorurées, ferrugineuses et légèrement sulfureuses » étaient recommandées en bain ou en boisson, pour les affections rhumatismales et les maladies de la peau. Mais en 1888 (ou 1882 ?), à la suite de pluies abondantes, une crue remonta le lit du torrent et noya les sources.

Jusqu'à la première guerre mondiale, les propriétaires successifs entreprirent de grands travaux : construction d'un vaste hôtel de cinq étages, d'une piscine et d'une arrivée d'eau. L’hôtel n’a jamais été achevé, la piscine, aujourd’hui abandonnée, a été utilisé à la fin des années 1950 par les habitants de Bourg-Saint-Maurice, la section natation de l’association sportive boraine ou encore pour des entraînements de kayak.

Au début des années 1990, la source a été redécouverte et dégagée, ce qui pourrait susciter à l’avenir de nouveaux projets d’exploitation.

Bourg-St-Maurice et Vulmix

Bourg-Saint-Maurice a toujours occupé une position stratégique : voie de passage ancestrale, ville marchande au carrefour des vallées, ville militaire aux portes de la frontière italienne. L’antique Bergintrum était situé sur la voie romaine de Lyon à Turin par le col du Petit Sait-Bernard, par la suite largement utilisée par les colporteurs, les maquignons ou encore les troupes alpines. Les touristes estivants continuent d’accéder au Val d’Aoste par ce col, mais également au Beaufortain par le Cormet de Roselend et à la Maurienne par le Col de l’Iseran.

La vie économique de Bourg-Saint-Maurice, aujourd’hui axée sur le tourisme de masse, a longtemps été marquée par l’activité agropastorale, en raison de ses alpages et de ses foires aux bestiaux réputées. Le pastoralisme est encore dynamique aujourd’hui, d’où le projet de la commune de réaliser une centre d’interprétation sur ce thème.

De part sa position stratégique, la citée s’est élevée en ville de garnison dès la fin du XIXe s. avec la fortification du secteur, en réponse à la crise franco-italienne. Depuis 1962, la commune accueille le 7ème bataillon de chasseurs alpins. Ces derniers représentent aujourd’hui 1/4 de la population, d’où un bouleversement important suscité par leur transfert prévu dès 2011.

Bâtie sur un vaste cône de déjections formé par le torrent Arbonne, la ville a toujours souffert de ce dangereux cours d’eau. Ainsi, l’église Saint-Maurice fut détruite deux fois par de violentes crues et reconstruite en 1849 à son emplacement actuel, sur les plans de l’architecte Caméra Augustin, dans le style néoclassique sarde. Seul le clocher de 1809-1813 fut épargné par l’inondation.

Le patrimoine architectural, notamment dans la grande rue, est remarquable. Outre les devantures anciennes, la maison des Têtes (n°92) offre une façade ornée de stucs moulés représentants des grands hommes du XIXe s., réalisée en 30 ans par son propriétaire, Jean Delponte, originaire de la Valsesia.

 

Saint Maurice et saint Grat

 

C’est à la fin de l’époque romaine que la cité prend le nom de saint Maurice. Originaire de la Haute-Egypte chrétienne, il est enrôlé dans l’armée romaine à la tête de la légion thébéenne. Envoyée combattre dans les Alpes, Maurice et ses compagnons refusant de renier leur foi et de tuer la population chrétienne d’Octodure (Martigny), sont massacrés sur ordre de l’empereur Maximien vers 287. Le culte du saint est né à Agaune dans le Valais, sur le lieu supposé de leur martyr, autour des reliques conservées dans l’abbaye éponyme. Il se répand rapidement dans toutes les Alpes, l’Allemagne et l’Italie, mais aussi la Provence et l’Anjou.

Saint Maurice est un saint militaire, représenté à pied ou à cheval, armé, avec un étendard à croix blanche sur fond rouge. Il est le saint patron des croisés, des chevaliers, de la garde suisse vaticane et des chasseurs alpins.

La chapelle Saint-Grat, dans le hameau de Vulmix, conserve des peintures murales très colorées du XVe s. Comme une bande dessinée, elles développent en vingt panneaux la légende de saint Grat, évêque d’Aoste au Ve s. Une scène célèbre le représente près du puits où il aurait trouvé, lors de son voyage en Palestine, la tête de saint Jean-Baptiste qu’il rapporta à Rome. Son culte est répandu sur les deux versants des Alpes, en Savoie et en Piémont où il est vénéré comme le protecteur des vignobles contre la grêle, des champs contre les nuisibles. Patron de Conflans et de la Tarentaise, il protège les moissons, éloignes les orages et les incendies.

 

Jean Bulle (1913-1944)

Né à Pontarlier, fils d’un combattant de la guerre de 14-18, il effectue ses études aux Prytanée militaire de La Flèche puis à Saint-Cyr (1931-1934). En 1936, il est affecté au 65e Régiment d’Infanterie de Besançon, puis en 1938 au 70e Bataillon Alpin de Forteresse de Bourg-Saint-Maurice. En 1939, lorsque l'Italie entre en guerre, il commande une section d'éclaireurs skieurs. Dans l'Armée des Alpes, le lieutenant Bulle se fait remarquer par un haut fait au col de l'Enclave qui lui vaut la croix de Chevalier de la Légion d'Honneur. En 1940, il est commandant du 80e BAF sur le front alpin et après l'armistice il rejoint Grenoble. Mais lorsque en 1942, la zone sud est envahie et l'armée dissoute, il entre en Résistance et devient l'organisateur de l'Armée Secrète du secteur Albertville-Beaufortin-Val d'Arly. La capitaine Bulle va constituer un bataillon fort de 1 300 hommes au moment de la libération. Le 20 août 1944, il estime le moment venu de négocier avec l'Etat-major ennemi, et sur la parole d'un officier allemand, il se présente à Albertville, seul, en uniforme de capitaine portant Légion d'Honneur et brassard F.F.I... Mais il est arrêté, transféré vers Chambéry, abattu pendant le transport et son corps est abandonné à Chambéry-le-Vieux.

 

Hauteville-Gondon

 

Situé sur la rive gauche de l’Isère, le village de Hauteville-Gondon était une commune indépendante jusqu’en 1964. L’église baroque Saint-Martin-de-Tours a été totalement reconstruite en 1691. Les retables du maître-autel et du Rosaire, œuvres du sculpteur valesian Joseph-Marie Martel, sont caractérisés par leurs multiples reflets polychromes, contrastant avec la profusion d’or de la majorité des retables de Tarentaise.

Dans le hameau de La Chal, la Maison de la Pomme et son verger conservatoire valorisent les savoir-faire anciens et la centaine de variétés locales de pommes et poires, en lien avec l’association « Les croqueurs de pommes de Tarentaise ». L’arboriculture fruitière est une pratique ancienne en Tarentaise. Elle occupait une place non négligeable dans l’agriculture dès le XVIIIe s., avec la présence de nombreux « prés vergers », associant herbage et arbres fruitiers, s’étageant jusqu’à 1250 m d’altitude. D’abord vendus sur les marchés de Moûtiers ou Conflans, les fruits ont ensuite été exportés facilement jusqu’à Paris et en Algérie, grâce à l’arrivée du train en 1914. A cette époque, la Tarentaise est la principale région de production fruitière de Savoie. Mais une loi de 1943, édictée sous le gouvernement de Vichy, interdit la commercialisation des variétés locales qui commencent à décliner au profit de variétés anglo-saxonnes (Golden, Starking, Granny Smith…). Aujourd’hui, une production avant tout familiale et confidentielle se maintient autour des anciennes variétés, résistantes à l’altitude et aux maladies.

Les concepteurs des Arcs

En 1964, dans la vallée de l’Arc, sur les terrains communaux d’Hauteville-Gondon rattachés à Bourg-Saint-Maurice, se créée la station des Arcs, née de la rencontre entre Robert Blanc, moniteur et guide de haute montagne, et Roger Godino, aménageur. Autour d’eux, ils rassemblent une équipe d’architectes, urbanistes et ingénieurs, tels que Gaston Regairaz, Guy Rey-Millet, Bernard Taillefer, Alain Tavès, Pierre Faucheux, Robert Rebutato, insufflant ainsi un esprit novateur et créatif au projet, autour de Charlotte Perriand, « l’âme du groupe ».

Dès les origines, les choix réalisés en matière d’aménagement cherchent à conjuguer fonctionnalisme et création architecturale. Il s’agit de réaliser un cadre bâti, correspondant aux besoins de la clientèle touristique et à la pratique du ski, dont l’esthétique, fidèle aux valeurs de la montagne, est résolument moderne.

La première station qui sort de terre fut Arc 1600 (1968), suivie d’Arc 1800 (1974) et enfin Arc 2000 (1979). La construction récente d’Arc 1950 (2003), par une société nord-américaine, témoigne d’une toute autre logique touristique et architecturale : elle tente de recréer un décor et une mise en scène à l’atmosphère dite de « village savoyard ».

Modèles d’architecture innovante en altitude, les stations des Arcs 1600 et 1800, ainsi que le téléphérique de l’Aiguille rouge d’Arc 2000, sont aujourd’hui reconnus par le label « patrimoine du XXes. », tout comme, en fond de vallée, le cinéma et la mairie (1952) de Bourg-Saint-Maurice.


Contact

Pour toute information supplémentaire :

 

Office de tourisme d'Arêches-Beaufort

04 79 38 15 33

www.areches.beaufort.com

 

Office de tourisme de Beaufort

04 79 38 37 57

www.areches.beaufort.com

 

Maison du Beaufortain

04 79 38 38 62

www.lebeaufortain.com

 

Office de tourisme de Bourg-Saint-Maurice - Les Arcs

04 79 07 12 57

www.lesarcs.com

 

Office de tourisme de Crest-Voland Cohennoz

04 79 31 62 57

www.crestvoland-cohennoz.com

 

Office de tourisme de Flumet Saint-Nicolas-la-Chapelle

04 79 31 61 40

www.flumet-montblanc.com

 

Office de tourisme de La Giettaz

04 79 32 91 90

www.la-giettaz.com

 

Office de tourisme de Notre-Dame-de-Bellecombe

04 79 31 61 40

www.notredamedebellecombe.com

 

Office de tourisme des Saisies

04 79 38 90 30

www.lessaisies.com

 

Office de tourisme d'Ugine Héry-sur-Ugine

04 79 37 56 33

www.ugine.com

 

Direction des Archives, du Patrimoine et des Musées

Conservation départementale du patrimoine
Hôtel du Département - BP 1802
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Tél. 04 79 70 63 60
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Rubrique des patrimoines de Savoie N°34

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