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Infos pratiques

Le patrimoine

IR6 - En Maurienne d'Aiton à la vallée des Villards

Résumé

Les sites, monuments et personnages célèbres en Maurienne d'Aiton à la vallée des Villards

Détail

L’église Notre-Dame-de-l’Assomption

Sainte-Marie-de-Cuines

 

Les hameaux de Sainte-Marie-de-Cuines s’égrènent le long de la route départementale, entre une longue plaine endiguée au XIXe s. et les pentes nord du Grand Châtelard.

L’Eglise Notre-Dame-de-l’Assomption inscrite à l'Inventaire supplémentaire des Monuments historiques, est l'un des rares vestiges de l'art roman savoyard. Ce bâtiment à nef unique et abside en cul-de-four a été édifié au XIIe s. Le clocher porche, haut d’une vingtaine de mètres est orné d’arcatures et de bandes lombardes.

Vers 1713, la communauté confie la réalisation du retable et du tableau du maître-autel à Sébastien Rosaz (1662-1730), qui le reproduira en 1714 pour l'autel du Rosaire à l’église de Montaimont. Six colonnes torses garnies de pampres et de roses sont peuplés de chérubins. Les statues de saint Pierre et saint Paul accompagnent, comme fréquemment en Savoie, l’Assomption de  la Vierge. Vers 1835, de nombreux travaux sont entrepris : le plafond lambrissé est remplacé par une voûte d’arêtes ; un transept est construit pour abriter deux autels secondaires dédiés au Rosaire (Gilardi 1845) et au Sacré-Coeur (Molino, 1894) ; les murs reçoivent un décor peint par Gauthier et Prarioz ; des fenêtres sont percées ; le clocher est arasé sur 1,50 mètre.

 

Les seigneurs de La Chambre, vicomtes de Maurienne possédait un château, situé au pied du village du Mont. Sans doute construit à partir du XIIe s., ce donjon féodal assurait une surveillance de la plaine des Cuines et de la vallée des Villards. Des transformations successives seront apportées par les La Chambre jusqu'à la fin du XIVe s. puis par les de Cuynes, leurs vassaux.

Le 8 mars 1598, se déroula la bataille de Cuines opposant les troupes du maréchal de Créqui à celles du duc Charles-Emmanuel Ier.

 

Emmanuel Bozon-Verduraz

 

Originaire de Saint-Colomban-des-Villard, Jean-Pierre Bozon-Verduraz crée en 1884 avec son fils Emmanuel, "une société ayant pour objet le commerce de la boulangerie, épicerie, mercerie, quincaillerie et meunerie". La même année, ils acquièrent la maîtrise de la force électrique du Bial, dérive du Glandon et installent un moulin à farine pour la fabrication de pâtes. C'est le début d'une révolution économique pour Saint-Etienne-de-Cuines et pour toute la Maurienne. La production est commercialisée sous le nom "Les petites Savoyardes, Etablissement Bozon-Verduraz", "E.B.V. La Ruche" et puis "E.B.V. Pâtes La Lune". Dès 1889, les pâtes Bozon-Verduraz obtiennent une médaille d'argent à l'exposition universelle de Paris. En 1910, les E.B.V. possèdent l'usine de Saint-Etienne-de-Cuines, un moulin à Saint-Avre et une unité de production à Saint-Michel-de-Maurienne. L'usine de Saint-Etienne, considérablement agrandie, a aussi stoppé l'exode rural et entraîné avec elle l'essor de la commune, sous la houlette de son maire Emmanuel Bozon-Verduraz, qui fait construire : un pensionnat dirigé par des religieuses qui accueille une partie de la main d'œuvre féminine de l'usine venue de toute la Maurienne, ou de régions éloignées comme la Lorraine ; des cités ouvrières pour loger les familles ; des villas pour le personnel d'encadrement. En 1925, 700 ouvriers travaillaient à l'usine. A la mort d'Emmanuel Bozon-Verduraz en 1925, son fils Benjamin transforme l'entreprise en société anonyme et les usines de Maison-Alfort, de Montescourt et de Bordeaux rejoignent la maison mère de Saint-Etienne-de-Cuines. A partir de 1936, l'entreprise subit le contre coup des conflits sociaux et 600 ouvriers sont licenciés. L'usine ferme définitivement ses portes le 31 décembre 1952.

 

La Vallée des Villards

 

L'occupation de la vallée des Villards est ancienne, comme l'attestent les roches à cupules du Merlet (Saint-Alban) et du Col du Glandon (Saint-Colomban). Durant la "paix romaine", l'aménagement routier contribue à désenclaver la vallée avec, entre autres, la voie de la  vallée de l'eau d'Olle, près de l'actuel barrage de Grand Maison.

Au Moyen Age, les villages les plus reculés sont habités et défrichés.

De très nombreuses chapelles et oratoires sont présents dans la Vallée, comme celles de Notre-Dame-des-Voûtes ou de Saint-Sébastien et Saint-Roch construite en 1702 au Premier Villard, toutes deux restaurées en 2005.

La tradition de l'émigration saisonnière est ancienne en Savoie et sans doute, dès le Moyen Age, les hommes et les jeunes quittent la vallée durant l'hiver comme ramoneurs, colporteurs ou pour d'autres métiers.

Saint-Colomban connaît depuis le début du XXe s. un développement touristique fort. Il s'est accru en 2003 avec l'ouverture du domaine skiable "Les Sybelles" regroupant 6 stations et 310 km de pistes.



Le costume féminin de la Vallée des Villards

Jusqu'à la première guerre mondiale, les femmes de la Vallée des Villards portent un costume richement coloré et brodé, composé d'une robe très plissée sur l'arrière et rehaussée de bandes de drap bleu. Une large ceinture de drap ornée de rubans et d'agrafes ou broches, un tablier et un châle complète l'ensemble. La coiffe blanche au nom de béguine, maintient la chevelure en arrière. Enfin, un cordon de perles passant dans un gros cœur en argent à rebord festonné, retient la croix, en forme de crucifix avec le Christ sur une face et la Vierge de l'autre, ou plate gravée de motifs et de fleurs.

 

Saint-Alban-des-Hurtières

 

La commune est traversée par la route conduisant par le col du Cucheron (1200 m.) à la Vallée des Huiles (La Rochette). Appartenant pourtant au même massif rocheux que Saint-Georges, les quelques  gisements de fer, zinc, tuf qu'elle recèle n'ont peu ou pas été exploités.

Fief de la seigneurie des Hurtières, Saint-Alban entre au XVe s. dans les possessions des sires de la Chambre. La famille de Régis-Tigny, anoblie en 1619 pour services rendus au duc de Savoie pendant les combats menés contre Lesdiguières et Sully, aurait possédée un château près de l'église, dont la seule trace probable en est le toponyme "la tour". Leurs armes, large écu d'or au griffon de gueules, sont représentées dans l'église paroissiale, au bas d'une toile ornant l'autel saint Clair. Par la suite, elles seront portées par leurs héritiers Régis de la Rochette.

L'église, placée sous le vocable de saint Alban, est en forme de croix latine. Son portail (XVIIe s.), édifié en tuf, est orné d'une niche abritant une statuette de l'enfant Jésus tenant un globe en bois bleu. Le maître autel de style baroque, est l'œuvre de François Cuenot, maître sculpteur et architecte ducal d’origine franc-comtoise. Classé Monument historique, il a été acquis par la commune en 1771, 11 ans après les démolitions de l'église Saint-Léger de Chambéry. Le tableau central représente le martyr de saint Alban, déjà présent dans l’église. Le chevet et le clocher semblent être les seuls éléments conservés de l’époque romane.

 

Saint-Georges-d'Hurtières

 

L'historie de la commune se confond avec celle de son passé minier, auxquels plusieurs auteurs font référence, dès l'Antiquité. Si histoire et légende se mêlent volontiers, comme l’évocation de l’épée « Durandal » dans la Chanson de Roland, les querelles continues entre les seigneurs des Hurtières, l'évêque de Maurienne et les comtes puis ducs de Savoie dénotent bien l'intérêt que pouvait présenter la richesse du sous-sol.

L'exploitation s'est concentrée sur les gisements de fer et de cuivre, même si, selon les époques, l'un ou l'autre ont pu être privilégié. Ainsi, il semble que le cuivre ait été prépondérant du XIIIe au XVIIIe s., époque d'épuisement des filons. Par la suite, c'est le fer qui fait l'objet d'une concession unique de 1876 à 1888. Celle-ci est accordée à la famille Grange qui s'associe avec la société Schneider du Creusot ; plus de 30 kilomètres de réseau souterrain seront ainsi exploités. Mais la concurrence des minerais de Lorraine ne permet pas à Saint-Georges de poursuivre l'extraction après 1930.

Dès le Moyen Age, la main d'œuvre se compose de paysans locaux, encadrés par des maîtres des mines souvent étrangers. En 1566, le duc de Savoie concède aux exploitants le droit d'estampiller d'un éléphant l'acier provenant des Hurtières.

Fer et cuivre ont été au cours des siècles transformés dans d'autres villages comme Epierre, Randens, Argentine, mais aussi Bellevaux, Aillon, Giez ou Saint-Hugon où les Chartreux s'étaient imposés comme maître des forges.

Aujourd'hui, "Le Grand Filon" parc de découverte minier installé au village de la Minière, permet de  revivre cette histoire millénaire dans un parcours interactif, sonore et visuel.

 

Le château de Charbonnière

Aiguebelle

 

Verrou glacière barrant l'entrée de la vallée, le site de Charbonnière est fortifié dès le XIe s. Thomas Ier naît en 1177 au castrum carboneria, résidence des premiers comtes de Maurienne. Une gravure de Chastillon datant de 1602 nous révèle l'aspect imposant de la forteresse : le rempart suivant la crête du rocher descend jusqu'à une tour carrée de 6 mètres de côté. Autour du donjon bâti sur une butte, s'élevaient une tour, une citerne et l'église Saint-Laurent du château (1139).

Au Moyen Age, les comtes de Savoie avaient à Aiguebelle un atelier monétaire : le denier d'Aiguebelle, frappé au XIe s., est la plus ancienne monnaie de la Maison de Savoie. La châtellenie d'Aiguebelle qui s'étendait jusqu'à La Chambre, devient une baronnie en 1590, puis en 1768, l'évêque de Maurienne cède sa souveraineté temporelle au roi de Sardaigne. Mais, jusqu'en 1953, les évêques de Maurienne porteront le titre honorifique de princes d'Aiguebelle.

Boulevards et rampes d'artilleries constituent des aménagements de l'époque Moderne pour résister aux nombreux sièges de cette forteresse : en 1536, sous François Ier ; en 1597, par Lesdiguières puis repris en 1598 par Charles-Emmanuel Ier ; en 1600, par Sully en présence d'Henri IV ; en 1630, par le maréchal de Créqui. En 1690, le marquis de Saint- apporte des réparations sommaires. Mais en 1743, après son dernier siège, elle est détruite par les Espagnols. Aujourd'hui, quelques vestiges se distinguent encore : traces de fossés, poudrière, citerne, puits...

 

 

Jules Carret (1844-1912)

 

Né à Aiguebelle dans une famille de la moyenne bourgeoisie chambérienne, il fait ses études à Turin, puis à Paris. En 1870, il ouvre un cabinet médical à Chambéry puis rejoint les Chasseurs des Alpes comme combattant volontaire. Conseiller municipal de Chambéry (1870-1873 et 1892-1906), député de la Savoie (1883-1889) il se consacre au combat anticlérical et antireligieux et se rapproche dès 1890 des groupes socialistes. Parallèlement, il s'intéresse à l'Anthropologie, à l'Archéologie préhistorique en explorant la grotte de la Doria qu'il achète à la commune de Saint-Jean-d'Arvey. Il fait construire au-devant une maison à demi enterrée où il réside durant ses vacances et de manière permanente à partir de 1890.

Il meurt à Chambéry en 1912. Ses collections archéologiques ont malheureusement disparu, hormis quelques objets conservés au Musée Savoisien.

 

Du palais épiscopal au fort Séré-de-Rivière

Aiton

 

Au Moyen Age, les évêques de Maurienne possèdent plusieurs châteaux dans la vallée : à Argentine, Saint-André, Valloire, … En 1694, Monseigneur F.H. de Valpergue de Masin fait édifier un palais à Aiton, à l'emplacement de l'ancien prieuré du XIIe s., qui nécessite le déplacement de l'église. Celui-ci, situé au milieu d’un par cet possèdant une chapelle et des dépendances, sera détruit à la Révolution.

Le fort d'Aiton a été construit en 1875-1880, sur les ruines du palais épiscopal. La Place militaire française d'Aiton-Chamousset, se compose, selon les principes du "Système défensif français" du Général Raymond-Adolphe Séré de Rivières (1815-1895), de plusieurs éléments : ouvrages d'interdiction et de protection, batteries d'intervalles et de crêtes, fortins d'observations… Le fort d'interdiction comprenait sept casemates, des magasins, une infirmerie et une cantine pour accueillir une garnison de 350 hommes en temps de guerre. Dès 1886, devenu vulnérable face aux progrès de l'artillerie, son rôle se réduit encore avec la construction des forts du Télégraphe, du Replaton et du Sapey. En temps de paix, il ne sert que d'arsenal et de dépôts. Quelques troupes y stationnent en 1914 puis le fort retrouve son rôle de dépôt. Durant la seconde guerre mondiale, la milice, l'armée allemande et la résistance s'y succèdent. En 1962, il sert d'annexe au centre disciplinaire de l'armée française puis en 1972 il est occupé par le 7e BCA. Déclassé en 1984, le fort a été acquis en 1986 par la commune. Il abrite actuellement la mairie et un restaurant.

 

Jean de Ségovie

Mort en 1458

Né dans la ville espagnole du même nom, brillant théologien diplômé de l'Université de Salamanque, Jean de Ségovie est envoyé au Concile de Bâle (Suisse) en 1431, à l'origine du schisme dans la papauté. Le pape Eugène IV est déposé et remplacé par le duc de Savoie Amédée VIII, qui prend le nom de Félix V en 1439. On doit à Jean de Ségovie la défense de l'Immaculée Conception et la composition d'un office liturgique de la Conception, d'un grand intérêt musical et littéraire. Ayant reçu le plus grand nombre de voix après le duc de Savoie, celui-ci le fait cardinal de Saint-Calixte (Rome). A l'abdication de l'antipape en 1449, le pape Nicolas V ne reconnaît pas son titre ; il lui donne d'abord en commende* l'évêché de Saint-Paul-Trois-Châteaux puis l'évêché de Maurienne avant de lui retirer en 1452. Eloigné des charges ecclésiastiques, il reçoit à titre honorifique l'archevêché de Césarée, les prieurés de Fréterive et d'Aiton et une pension prise sur les revenus de l'évêché de Maurienne. Il choisit la solitude du prieuré d'Aiton et consacre la fin de sa vie à la prière et à l'étude : rédaction d'une histoire monumentale du concile de Bâle en 19 volumes, étude et traduction du Coran en latin et en espagnol… Il décède probablement en 1458 et son corps est enseveli dans la chapelle Saint-Jean-l'Evangéliste qu'il avait fondé dans l'église d'Aiton. Son tombeau, surmonté d'un gisant, fut détruit mais l'épitaphe est conservée dans le chœur, à gauche de l'autel.

 

 

* La commende : Donner en commende une église ou un monastère, c'est confier (commendare) temporairement son administration à un prélat ou à un laïc. Cette disposition à l’origine temporaire devient au cours du Moyen Age perpétuelle, offrant à son titulaire, l’abbé commendataire, des revenus jusqu’alors interdits aux religieux.

 

 

La collégiale Sainte-Catherine

Randens

 

On a souvent parlé de la collégiale d'Aiguebelle car Randens n'est devenue une paroisse à part entière qu'en 1738 ; les deux communes sont séparées par le pont sur l'Arc. Cet établissement, regroupant une communauté de douze chanoines sous la direction d'un prévôt, a été fondé par la volonté de Pierre d’Aigueblanche. Les chanoines dirigeaient également les prieurés de Montailleur, Saint-Baldoph, Coise et Aiguebelle (Saint-Etienne).

Si une église paroissiale est attestée avant le Xe s., elle fut engloutie par un éboulement du Vorgeray le 12 juin 1240. La collégiale a été édifiée à son emplacement entre 1258 et 1267, période ou l'architecture gothique apparaît en Savoie. Il en subsiste des vestiges dans l'église paroissiale reconstruite après 1822 : sacristie voûtée d’ogives, quelques pans de murs derrière le chevet, une fenêtre à colonnettes et meneau près du clocher, des portes en tuf, l’une en tiers-point, l’autre trilobée…

Les maisons des chanoines, bâties dans une enceinte maçonnée, la partie conventuelle ainsi que ses deux clochers ont disparu à la révolution, comme les 120 stalles du grand chœur, l'ambon et les tombeaux de Pierre Ier et de son neveu Pierre II d’Aigueblanche.

 

Pierre d'Aigueblanche

 

Pierre d'Aigueblanche, fondateur de la collégiale, est issue de la famille des Briançon, noblesse savoyarde qui gravite dans l'entourage des comtes de Savoie. Secrétaire de Guillaume de Savoie, il fait partie du cortège des 300 cavaliers savoyards qui en 1235 accompagnent Eléonore, fille de Raymond Béranger et de Béatrice de Savoie en Angleterre où elle doit épouser Henri III Plantagenêt. Chargé de l'éducation de la jeune reine, il est nommé évêque d'Hereford en 1240. Il devient le conseiller du roi d'Angleterre qui lui confie plusieurs ambassades en France, en Italie et en Espagne. Il meurt sans doute vers 1268.

Dans la collégiale, un mausolée sculpté par Henri de Cologne au XVIe s. le représente en gisant, avec un lion à ses pieds. On ne sait pas si ce monument, brisé à la Révolution, a succédé à un plus ancien car la tradition rapporte que sa dépouille n'aurait été rapportée d'Angleterre qu'au XVe s.

 

Eglise Saint-Barthélemy

Monsapey

 

En 1845, l’intendant de Maurienne déclare que l’église est trop petite et en état de vétusté et de délabrement. Elle ressemble à une remise plutôt qu’à une église, elle est beaucoup trop basse et trop petite pour recevoir la population. Dès 1865, on projette de la reconstruire et le chantier est confié à Jacques Gaggione, entrepreneur à Saint-André, sur des plans de l'architecte diocésain Samuel Revel. Son style rappellera celui du Moyen Age, la pierre de taille ne sera employée que pour la porte principale et la chaux sera cuite dans les fours du pays. Achevée en 1867, le clocher est équipé en 1868 de deux cloches, dont une de 1702 ; une troisième sera achetée en 1901 chez Paccard, fondeur annecien réputé.

 

Le riche décor néo-renaissance de cette église, classé Monument historique, est l’œuvre du Turinois Pierre Moretti. Il a été financé par les Chartreux vers 1891-1893.

Son mobilier, également classé en 1988, est l’œuvre des frères Alexandre et François Gilardi. Cette famille de peintres et de sculpteurs originaire de la Valsesia (nord du Piémont) s’était installée à Saint-Jean-de-Maurienne. Le maître autel en bois polychrome exécuté en 1875 en forme de tombeau comporte cinq statues figurant l’Espérance, la Vertu de la religion, la Foi, la Charité et le Bon Pasteur. Il est surmonté d’un retable consacré à saint Barthélemy et de neuf statues. Le tableau illustrant le martyr du saint patron est l'œuvre de Pier Celestino Gilardi (1837-1905).

 

Col, alpages et sports d'hiver

Montgellafrey Saint-François-Longchamp

 

Montgellafrey est une commune de moyenne montagne qui s'étend sur un étroit replat en rive droite de la vallée du Bugeon. Le village, tout en longueur, s'est adapté à cette contrainte topographique ; ainsi, faute de place lors de l'agrandissement de l'église en 1698, l'édifice change d'orientation, l'entrée prenant la place du chœur. Consacrée en 1761, ce vaste édifice à nef unique possède trois travées voûtées et ornées (La Vierge et les anges, Moïse et les Tables de la Loi, la Trinité etc.). Dans le chœur à coupole surbaissée, les peintures figurent le couronnement de la Vierge au Ciel et les quatre évangélistes. Le retable du maître autel, classé Monument historique, se compose de quatre colonnes torses en stuc qui portent un entablement arqué en son centre. Le tableau central illustrant l'Assomption de la Vierge Marie est l'œuvre du peintre Pignol (1762). A l'attique, dans un médaillon sculpté, Dieu le Père est entouré par des anges. Le tabernacle est mis en valeur par dix colonnettes torses et six statuettes de saints. Le clocher, de style lombard, a été restauré en 1835.

Montgellafrey possède une partie de son territoire mitoyenne avec la station de sports d'hiver de Saint-François-Longchamp qui lui fait face, sur la rive gauche du Bugeon. Ses hameaux furent séparés de Montgellafrey en 1848 pour former une paroisse propre puis en 1901 une commune appelée Saint-François. A la création de la station dans les années 1960, on lui accola "Longchamp" qui témoigne bien de sa vocation agropastorale première. Celle-ci perdure avec des alpages où paissent des troupeaux de tarines et d'abondances dont le lait sert à la fabrication du Beaufort. L'extension du domaine par une liaison avec Valmorel permet de skier de la Maurienne à la Tarentaise. L'été, le col de la Madeleine qui relie la vallée de l'Isère à la vallée de l'Arc est un grand classique du Tour de France cycliste.

 

De l'évêque de Maurienne aux Castagneri

Argentine

 

Ce sont les mines de plomb argentifère de Montchabert, ouvertes à 1000 m. d'altitude qui donnèrent naissance au toponyme de ce bourg, adossé au massif de la Lauzière.

Une bulle de 1184 indique qu'Argentine est l'une des paroisses données à l'évêque de Maurienne par le roi Gontran, mort en 592. Après le traité de Randens entre le comte de Savoie et l'évêque de Maurienne en 1327, ce dernier établit un châtelain et un métral pour la gestion de son domaine. Il ne reste aujourd'hui, au centre du cimetière, que la tour carrée du château épiscopal, détruit par Lesdiguières en 1597. L'évêque demeure seigneur temporel jusqu'à l'affranchissement de tous les droits seigneuriaux en 1768.

L'histoire d'Argentine est étroitement mêlée à celle de l'industrie minière. La première exploitation, très ancienne, est difficile à dater. Mais les fonderies créées au milieu du XVIe s. par les Castagneri alimentèrent toute la Savoie en outils jusqu'à la fin du XVIIIe s. Si les travaux miniers ont repris de 1860 à 1863, de nouvelles prospections, faites en 1924, resteront sans suite. Des carrières d'ardoise ont également été ouvertes aux envers de Montchabert et le gisement de talc de la Balme a alimenté une petite usine de 1927 à 1947.

 

Les Castagneri de Châteauneuf

 

La famille Castagneri qui atteint son apogée dans la seconde moitié du XVIe s., appartient aux pionniers de l'industrie du fer. La première branche, italienne, est celle de Gian Castagnero Lench (1550-1642) qui s'installe à Balme (Piémont). Copropriétaire de plusieurs forges de la vallée, les légendes locales racontaient qu'il s'était enrichi en battant monnaie pour son propre compte, avec les métaux tirés des mines de la vallée. Il disposait de gisements secrets, non seulement en fer, mais aussi en or et en argent….

L'autre branche de la famille est celle d'Antoine Castagneri qui arrive au début du XVIe s. à Argentine pour exercer l'activité de forgeron et fondeur. Son fils Pierre et son neveu Jean-Baptiste créent un véritable empire industriel fait de mines et de forges, jusqu'à obtenir du duc le privilège de "construire un artifice pour fabriquer du fil de fer, de cuivre et de letton et faire du fer blanc". Ce privilège sera confirmé à son fils, Pierre-Antoine, qui devient Conseiller d'Etat, Président de la Chambre des comptes de Savoie, seigneur de Châteauneuf et de Fraidière.

Au XVIIe s., il fait ériger un château à Argentine, au hameau de Gémilly. Cette importante construction en forme de U, aujourd'hui privée, conserve une double galerie à arcatures de style renaissance et une tour élevée sur la terrasse inférieure du château, laissant penser à un bâtiment plus ancien.

Le portail de l'église actuelle, encadré d'une arcade en fonte et orné du blason des Castagneri est classé Monument historique. Il porte la date de 1636 et rappelle la reconstruction de l'édifice par cette famille. Sur le fronton, leur blason représente un châtaigner avec la devise pasco bonos pungoque malos : je nourris les bons et je pique les mauvais…

 

La chapelle Notre-Dame-de-Beaurevers

L'Eglise Saint-Jean-Baptiste

Montaimont

 

La commune de Montaimont est située entre 660 et 2824 m. d'altitude, en rive droite de l'Arc, au-dessus du bassin de la Chambre. Le village est constitué de 15 hameaux dont les plus reculés sont habités uniquement en été.

Mandement des seigneurs de la Chambre au Moyen Age, l'église paroissiale relevait de la collégiale de la Chambre. Initialement situé près du village de la Perrière, l'église actuelle dédiée à saint Jean-Baptiste a été consacrée en 1761. La chapelle Notre-Dame-de-Beaurevers, inscrite à l'Inventaire supplémentaire des Monuments historiques, constitue un élément majeur du patrimoine baroque. C'est l'un des principaux sanctuaires de Savoie dédié à la Vierge. La légende raconte qu'il aurait été édifiée par le vœu de la Vierge et que les matériaux s'y posaient seuls. Le modeste oratoire construit en 1628 fut rebâti à quelques mètres en 1766-1768, car c’est un sanctuaire à répit* qui attire de nombreux fidèles ddès 1761. Aussi vaste qu'une église, la nouvelle chapelle présente une façade abritée par un toit débordant. Une Piéta accueille les pèlerins avec cette inscription "O vous qui passez considérez s'il y a une douleur semblable à ma douleur". A l'intérieur, le décor en trompe-l'œil est l'œuvre de peintres italiens, au XIXe s. Le programme iconographique, particulièrement riche dans le tambour de la coupole, développe huit épisodes de la vie de la Vierge. Au maître-autel, le retable baroque a été réinterprété par les frères Gilardi en 1881.

L'instabilité du terrain communal, fragilisé par les infiltrations et les chutes de rocher a nécessité, comme à Jarrier, Saint-Martin-sur-la-Chambre, Montgellafrey ou Notre-Dame-du-Cruet des modalités de constructions spécifiques. Les maisons rurales sont dites "à colonnes" puisque le toit porté par quatre ou huit solides piliers de bois est indépendant des maçonneries. Aussi, en fonction des mouvements du sol, il est possible de stabiliser le bâtiment en ajustant sous les poteaux des dalles de pierres.

 

*sanctuaire à répit : Lieu de dévotion, le plus souvent mariale, dans lequel des miracles, concernant des nouveau-nés rendus à la vie le temps de leur baptême, ont été obtenus.

 

Raymond Rancurel (1519-1582)

 

Fils d'un notaire ducal, né à Montaimont, il est élevé chez les chanoines de la collégiale Saint-Marcel de la Chambre. Durant l'invasion de la Savoie par François Ier, il se retire avec son professeur le Père Zozime à l'abbaye de Saint-Vaast à Arras, d'où son maître est originaire. En 1543, il décore le livre d'Heure de la Comtesse de Rambouillet. Il décède à Arras. Sculpteur, peintre imagier et calligraphe, il a été distingué à Paris pour ses Plans et perspectives des principales villes de France.

La collégiale Saint-Marcel, La Chambre

 

A la fin du XIe s., Artaud, évêque de Maurienne, cède l'église paroissiale de La Chambre à l'abbaye piémontaise de Saint-Michel-de-la-Cluse pour y fonder un monastère bénédictin. Cette église, placée sous le vocable de l'Assomption de la Vierge est érigée en collégiale en 1514 par le pape Léon X, à la demande de Louis de Seyssel, comte de la Chambre. Elle prend alors le vocable de Saint-Marcel. Cet édifice conserve un remarquable portail roman en albâtre sculpté, qui a été réemployé lors des restaurations menées en 1688. Classé monument historique, il est daté, par comparaison, du XIIIe s. Un archivolte à trois grandes voussures repose sur quatre séries de colonnettes doubles supportant des chapiteaux à motifs végétaux et anthropomorphes. De part et d'autre de la porte, un chapiteau historié est encadré par deux autres mêlant feuillages et monstres grimaçants. A gauche, la scène principale, accentuée par un combat entre l'ange et le diable, figure le meurtre d'Abel par son frère Caen. A droite, sous deux doubles arcatures, trois scènes bibliques sont évoquées : Zachée, l'entrée du Christ à Jérusalem pour les Rameaux et une Annonciation.

Les Cordeliers s’installent au milieu du XIVe s. à La Chambre, avec l'accord d’Amédée V de Savoie-Achaïe, évêque de Maurienne et de son beau-frère Jean II de La Chambre, vicomte de Maurienne. Le pape Urbain V confirme en 1367 l'installation de cette communauté franciscaine qui tenait également à proximité un hôpital et une léproserie. Leur église servit de sépulture à la famille de la Chambre ainsi qu'aux de Rubaud.

La façade de style gothique flamboyant date du XIVe s. ; les chapiteaux du portail s'apparentent à ceux conservés dans une chapelle de l'église paroissiale. Le cloître et la salle capitulaire ont été partagés et transformés en ferme après la Révolution, marquant durablement l'édifice.


Contact

Fondation FACIM / Pays d'Art et d'Histoire de Maurienne Tarentaise
04 79 60 59 00 
www.fondation-facim.fr

Mairie d'Aiton
04 79 36 24 68

Office de Tourisme du canton d'Aiguebelle
04 79 36 29 24
www.ot-aiguebelle.fr

Mairie de Montsapey
04 79 36 23 52

Office de tourisme de Saint-François-Longchamp
04 79 59 10 56
www.otsfl.com

Office de tourisme du canton de La Chambre
04 79 56 33 58
www.tourisme-la-chambre.com

Office de Tourisme de Saint-Colomban-des Villards
04 79 56 24 53
www.saint-colomban.com

Le Grand Filon - site minier des Hurtières
04 79 36 11 05
www.grand-filon.fr

 

Direction des Archives, du Patrimoine et des Musées

Conservation départementale du patrimoine
Département de la Savoie - CS 31802
73018 Chambéry Cedex
Tél. 04 79 70 63 60

ACTUALITES

L’Espace alu

Ouvrir en grand

Partez à la découverte de l’Espace alu, le musée de l’épopée de l’aluminium dans les Alpes. Ouvert à tous les publics, avec des ateliers spécifiques pour les plus jeunes, l’Espace alu fait partie du réseau des musées et maisons thématiques de Savoie.


La rubrique des patrimoines

La rubrique des patrimoines

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Grande Traversée : l'histoire d'une pirogue

Grande Traversée : l'histoire d'une pirogue

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C’est mon patrimoine

C’est mon patrimoine

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L'exposition "Par monts et châteaux" revient

L'exposition "Par monts et châteaux" revient

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Diptyque de Charlotte de Savoie

Diptyque de Charlotte de Savoie

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Une pirogue carolingienne sortie des eaux !

Une pirogue carolingienne sortie des eaux !

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"Migrations en Pays de Savoie, de 1860 à nos jours"

"Migrations en Pays de Savoie, de 1860 à nos jours"

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Rubrique des patrimoines N°37

Rubrique des patrimoines N°37

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Fermeture du Musée savoisien

Fermeture du Musée savoisien

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Bal au Château des Ducs de Savoie

Bal au Château des Ducs de Savoie

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Appel à participants

Appel à participants

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Exposition " Poétique d'une estive"

Exposition " Poétique d'une estive"

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« Les Portes du temps »

« Les Portes du temps »

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Abbaye de Hautecombe : l'exposition 2016

Abbaye de Hautecombe : l'exposition 2016

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Par monts et châteaux

Par monts et châteaux

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Rubrique des patrimoines N°36

Rubrique des patrimoines N°36

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Rénovation du Musée Savoisien : premières esquisses

Rénovation du Musée Savoisien : premières esquisses

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Les journées européennes du patrimoine 2015 en Savoie

Les journées européennes du patrimoine 2015 en Savoie

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« Ugine, une ruée vers l’acier »

« Ugine, une ruée vers l’acier »

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Palafittes !

Palafittes !

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Fin de semaine agitée au musée

Fin de semaine agitée au musée

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Les portes du temps 2015

Les portes du temps 2015

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Le médailler de Savoie

Le médailler de Savoie

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L’exposition sur le médailler de Savoie

L’exposition sur le médailler de Savoie

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Exposition : "Les pieux dans l'eau"

Exposition : "Les pieux dans l'eau"

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Arc-Nucleart au secours de l’archéologie

Arc-Nucleart au secours de l’archéologie

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Nuit des musées 2015

Nuit des musées 2015

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"La vie de château" en costume par le Musée Savoisien

"La vie de château" en costume par le Musée Savoisien

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"Les pieux dans l'eau" : la restauration d'un vase

"Les pieux dans l'eau" :  la restauration d'un vase

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L’exposition « imagine ta montagne »

L’exposition « imagine ta montagne »

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Rubrique des patrimoines de Savoie N°34

Rubrique des patrimoines de Savoie N°34

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Dépose des peintures murales de Cruet

Dépose des peintures murales de Cruet

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