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L'institution

Allocution d'Hervé Gaymard

Résumé

Session  d’installation du Conseil Départemental de la Savoie
Jeudi 2 avril 2015

ALLOCUTION DE M. HERVE GAYMARD

Président du Conseil Départemental de la Savoie

Détail

 

Mes chers Collègues,

 

Je vous remercie très sincèrement pour votre confiance qui m’honore, mais surtout qui m’oblige.

Mais c’est surtout la Savoie qui nous oblige. Nous avons la chance de siéger dans cette salle des délibérations où tant de décisions importantes ont été prises depuis 1860, et encore davantage depuis la décentralisation de 1982.

Et nous n’entendons pas conjuguer nos compétences au passé, mais au futur. Car l’enjeu de ces prochains mois et de ces prochaines années, est de maintenir ici, chez nous, nos centres de décision, notamment économiques, et de parachever le mouvement de rapprochement entre les deux départements savoyards, pour constituer une véritable « force de frappe »  Savoie Mont-Blanc. Nous aurons l’occasion d’en reparler dans les prochaines semaines et dans les prochains mois.

 

Notre assemblée, mes chers collègues, est profondément renouvelée. Et féminisée. C’est la conséquence du nouveau mode de scrutin, mais aussi de son renouvellement intégral pour la première fois de son histoire. Vous êtes ainsi aujourd’hui 22 à rejoindre pour la première fois l’assemblée départementale.

En mon nom, mais aussi au nom de vos collègues plus anciens, je vous souhaite la bienvenue dans cette maison qui est celle de tous les Savoyards, et qui est donc la vôtre.

Et à vous toutes et tous sans exception, anciens et nouveaux, j’adresse mes félicitations pour votre élection dans vos cantons respectifs.

Vous êtes les élu(e)s de votre canton bien sûr, pour défendre ses projets et répondre aux attentes de sa population. Mais vous êtes aussi les élu(e)s de l’ensemble du Département, pour définir et mettre en œuvre des politiques départementales. Et même bi-départementales, puisque nous siégeons tous à l’Assemblée des Pays de Savoie, qui réunit les élu(e)s des deux départements savoyards.

 

Je tiens à ce moment à remercier pour leur travail antérieur les 21 élus qui ont quitté nos rangs à l’occasion de ce renouvellement, ces départs et vos arrivées témoignant, de la solidité et de la capacité de renouvellement de notre démocratie.

 

La féminisation de nos assemblées départementales monopolise l’attention des observateurs, ce qui est bien normal. Mais ce renouvellement intégral a également rajeuni notre assemblée. Ce rajeunissement ainsi que votre arrivée, mesdames, sont deux atouts qui vont donner un nouveau souffle à notre institution, et je m’en réjouis.

 

C’est d’autant plus important que nous ouvrons cette nouvelle mandature avec plusieurs défis majeurs à relever.

 

Il y a un an, presque jour pour jour, les Départements ont été sans procès condamnés à disparaître car désignés avec certitude comme la couche en trop du millefeuille territorial, et comme une strate inutile et couteuse vouée aux gémonies par les « sachants » qui se multiplient dans la presse, dont les affirmations sont d’autant plus péremptoires qu’ils sont éloignés du terrain.

 

Et il s’en est suivi un an de multiples annonces et contre-annonces, un an de projets et de contreprojets pour finalement aboutir aujourd’hui, nous dit-on, au maintien des Départements et à la redécouverte de leur rôle déterminant de coordonateur de l’action publique locale.

Cette posture reste bien sûr à confirmer lors de la deuxième lecture de la loi NOTRe portant Nouvelle Organisation Territoriale de la République qui suscite toute notre vigilance.

 

Mais nous en sommes tous conscients mes chers collègues, l’image des Départements a été considérablement abimée, je dirais même esquintée, gratuitement et inutilement par toute cette improvisation.

Or, nous mesurons à contrario tous les jours à quel point notre Collectivité reste attendue pour à la fois préparer l’avenir de la Savoie et assurer au quotidien le service public départemental de proximité.

 

Notre principal enjeu de ce début de mandat réside donc dans notre capacité à dessiner une place nouvelle et entière à la Collectivité départementale, dans un paysage administratif  français pressé par une exigence d'adaptation et de réforme. J’en ai la conviction, nous avons encore beaucoup à apporter à l'effort de modernisation, de simplification et d'efficience attendu et demandé par les citoyens à  l'ensemble de la sphère publique.

Les Départements de l’ère moderne ont 33 ans et nous venons de vivre trois décennies dont nous pouvons être fiers, tant en Savoie le Conseil général aura su insuffler un véritable élan aux  territoires et à ceux qui y vivent.

Mais 33 ans, c'est l'âge où se posent des choix déterminants.

Fini le temps des expérimentations,  des tâtonnements, de toutes les aventures et de tous les engouements. Nous connaissons nos atouts, nos faiblesses aussi, nous savons  faire la part de ce qui est réaliste et nécessaire et de ce qui relève de l'illusoire ou de l'accessoire.  On sait où l'on va, on sait entendre les véritables besoins des citoyens, et discerner quels sont les projets qui méritent tous nos efforts pour qu'ils soient menés leur terme.

 

Je me refuse donc à  envisager que notre mandature soit celle des  "éteigneurs" de réverbères comme les aurait baptisés St Exupéry.

 

La Savoie a pour cela  une chance inouïe : une identité alpine profondément ancrée dans le réel, qui lui donne une légitimité, une force et un rayonnement naturels. Nous n'avons pas à faire la preuve de notre place et de notre utilité, nous avons  au contraire à comprendre et saisir tous les enjeux de notre époque  pour  faire la démonstration  de tout ce qui fait notre plus-value, à savoir :

  • notre capacité à nourrir des réflexions prospectives et à rassembler tous les acteurs autour de grands projets ambitieux pour l'avenir de la Savoie
  • notre aptitude à s'adapter aux réalités et aux besoins des acteurs et des habitants dans le juste périmètre, à la bonne échelle,
  • et notre faculté à mobiliser les professionnels pour apporter dans la proximité les réponses  sociales, techniques, administratives destinées à participer au  mieux vivre pour chacun.

 

En Savoie, et demain en Savoie Mont-Blanc, il n’y a pas de place pour le doute. L’échelon départemental est à l’évidence l'incontournable maillon entre la très grande Région Auvergne Rhône-Alpes et le bloc communal. Pas question de renoncer à ce rôle de connecteur, d’aménageur du territoire et d’espace de projet.  Les Savoyards comptent bien trop sur nous et nous attendent  pour montrer, une fois de plus dans notre histoire, nos facultés à prendre de l'avance.

On voudrait remettre  en cause notre légitimité ? Soyons encore meilleurs et  portons au plus haut nos valeurs, pour démontrer ce qu'est notre valeur ajoutée.

Le défi que nous devons relever dans ce mandat est moins de savoir ce que nous sommes,  et encore  moins de laisser à d'autres le droit d'en décider, mais  plutôt de répondre à la question  du " comment " :

 

  • Comment entendons-nous  assumer les compétences stratégiques qui sont encore les nôtres et pour longtemps ?
  • Comment mobiliserons-nous nos moyens budgétaires et humains pour conduire les grands chantiers qui nous attendent ?
  • Comment ferons-nous la preuve de notre exemplarité dans la gestion des deniers publics ?
  • Et enfin, comment saurons-nous conjuguer ce qui me semble être les deux axes structurants de notre projet : l'ouverture et la proximité, la vision et le quotidien ?

 

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« Voir loin et penser large » d’une part, et « être proches et agir juste » d’autre part.

C'est avec cette double approche que je souhaite vous proposer maintenant quelques grands axes pour notre action.

 

Voir loin, et penser large, c’est en tout premier lieu rester engagés sur le développement économique.

Le Conseil général a été historiquement directement à l’initiative des actions qui ont fait le développement de la Savoie, comme hier la création des stations et de Savoie Technolac, et plus récemment de l’Institut National de l’Energie Solaire. Et ce n’est pas de Lyon ou de Clermont-Ferrand que de telles initiatives auraient été prises.

Les discussions actuelles concernant les futures compétences des Départements dans le cadre de la loi NOTRe tendent à confirmer la position de la Région comme collectivité chef de file dans le domaine économique.

Soit, mais ce ne sera en rien une nouveauté.

Notre participation à l’élaboration du futur schéma régional de développement économique sera décisive quant à la reconnaissance des marqueurs économiques de la Savoie. Je souhaite donc que le conventionnement que nous devrions pouvoir à nouveau établir avec la Région dans le domaine économique soit pleinement négocié pour fonder nos futures interventions.

Notre ambition comme par exemple sur le volet universitaire du Contrat de plan, ne peut se résumer à laisser faire au risque dans ce cas de faire perdre à la Savoie son identité, les atouts qu’elle a développés depuis des années dans certains secteurs et de remettre en cause les dynamiques en cours qui sont pour certaines le fruit de l’intervention soutenue depuis de nombreuses années par notre collectivité.

 

Parfaite illustration de notre rôle en matière de développement économique, nous savons tous combien l’accès au très haut débit est devenu un enjeu primordial, mais également un facteur de cohésion sociale. Et c’est bien à nous qu’échoit la responsabilité d’éviter la fracture numérique entre les territoires urbains couverts par les opérateurs privés et les territoires ruraux actuellement délaissés.

Nous avons ces dernières années, paré au plus urgent en finançant un plan de raccordement des abonnés à l’ADSL. Mais cet objectif est maintenant clairement insuffisant.

Un très gros travail a donc été conduit par nos équipes ces trois dernières années afin de concevoir un vaste projet de déploiement de la fibre optique jusqu’aux abonnés, sur l’ensemble du département.

Ce projet ambitieux est aujourd’hui techniquement prêt et sa mise en œuvre doit être un des grands projets de notre mandature.

Europe, Etat, Région, Département et Bloc communal : tous les acteurs publics doivent être mobilisés. L’Etat, la Région, et derrière la Région l’Europe, ont d’ores et déjà donné un avis favorable pour soutenir financièrement le projet.

Aussi, je prendrai l’initiative avant l’été d’une conférence avec l’ensemble des Présidents d’intercommunalité de Savoie, afin de finaliser le projet et d’organiser le financement de la part locale de ce réseau très haut débit.

 

Enfin dans une conjoncture qui leur est particulièrement défavorable, je connais les légitimes exigences du monde du bâtiment et des travaux publics vis-à-vis de l’exemplarité de la commande publique.

Comme je m’y suis engagé, je prendrai rapidement avec le Préfet l’initiative d’organiser des assises de cette commande afin de favoriser une meilleure compréhension entre les donneurs d’ordre et la profession.

 

La coopération transfrontalière représente un autre domaine dans lequel je souhaite que nous prenions toute notre place.

Par-delà  les frontières qui les séparent,  les Pays de Savoie,  la Vallée d’Aoste, le Piémont et le Genevois cultivent une tradition historique de coopération  qui implique depuis toujours autant les hommes que les territoires.

La stratégie macro-régionale portée par les Régions alpines est pertinente mais devra trouver ses racines au cœur des territoires. Dans le nouveau contexte des programmes européens gérés par la grande Région Auvergne Rhône-Alpes, la Savoie comme la Haute-Savoie ont vocation à devenir les intermédiaires indispensables entre l’échelon régional et les territoires de projets.

A nous donc de porter dans ce cadre toute la capacité  d’action et  d’initiative des territoires alpins qui ne sauraient en aucun cas être réduits à des espaces de massifs, périphériques d’un fait urbain et métropolitain toujours plus marqué.

 

Et je ne saurais évoquer nos liens historiques avec le Piémont sans dire un mot du lancement de ce très grand projet d’aménagement qui va marquer notre mandature. Je veux bien sûr parler de la nouvelle liaison ferroviaire Lyon-Turin.

Il y a tout juste un mois, les décisions de faire ont été prises par les Etats français et italiens. Aujourd’hui, le promoteur chargé de la construction du tronçon transfrontalier vient d’être créé, un calendrier de lancement des travaux est donné, et l’Europe est sollicitée pour financer à 40%.

Très concrètement, ce n’est donc plus un projet mais un chantier qui démarre maintenant. La Maurienne sera le territoire le plus concerné ces prochaines années et je souhaite qu’avec les élus du territoire, nous prenions toute notre place dans l’insertion de ce grand chantier au sein de l’économie locale.

 

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Mes chers collègues, les Savoyards attendent de nous que nous voyions loin et que nous pensions large, mais aussi que nous restions proches d’eux et que  nous agissions juste.

 

La protection de l’enfance, la jeunesse, la cohésion et l’inclusion sociale, l’accompagnement de nos ainés, et la place de nos concitoyens handicapés : autant d’enjeux fondamentaux pour la cohésion de notre  société.

Au moment où certains s’interrogent sur la place du Département dans l’action publique, j’observe avec intérêt combien notre rôle de chef de file de ces différents domaines n’est contesté par personne.

Serait ce en raison de leur complexité ? Ou parce que la noblesse de la tâche n’a d’égal que l’abnégation qu’elle requiert, et son peu de propension à être médiatisée ?

Je vous laisse chacune et chacun juge de la réponse.

Une chose est sûre : nous sommes fiers et mobilisés, et conscients des attentes de la société à notre égard.

 

Parmi nos priorités doit venir l’accompagnement de la jeunesse. Il nous revient d’offrir à chacun des jeunes savoyards les conditions de leur épanouissement et de leur permettre de grandir en sécurité. Nous avons la lourde responsabilité de veiller à l’avenir des adultes de demain.

Je souhaite donc que notre assemblée pose rapidement les fondements d’une nouvelle politique jeunesse, inclusive, génératrice de lien social et en appui à nos compétences obligatoires dans les collèges et dans la protection de l’enfance.

 

Ensuite, les années qui arrivent seront également déterminantes pour l’accompagnement des plus âgés. En effet, la loi, encore attendue, d’adaptation de la société au vieillissement va remanier en profondeur les politiques gérontologiques. Il s’agira de soutenir à leur domicile les personnes en perte d’autonomie et leur famille en leur apportant une aide publique et en confortant les services qui les accompagnent, notamment par la formation des personnels concernés. Au-delà, nous devons répondre au vieillissement de la Savoie, en proposant des solutions nouvelles.

Les générations qui arrivent à la retraite sont une ressource sur laquelle nous pouvons compter. Nous avons la responsabilité de les mobiliser et de les accompagner.

 

Enfin, les politiques sociales doivent s’adresser à tous les Savoyards, ceux qui vont bien et ceux qui traversent des périodes difficiles. Nous devons renforcer le lien entre les générations et développer sur les territoires de véritables projets de lien social et de lutte contre l’isolement, en lien avec les acteurs locaux. Nous avons par le passé montré l’intérêt d’avoir des volets « accessibilité »  dans la plupart de nos politiques publiques, en particulier pour les personnes handicapées.

Je vous propose de poursuivre dans cette voie, et s’appuyer sur les Savoyards comme acteurs de la  lutte contre l’exclusion.

 

Enfin, si la cohésion est sociale, elle doit être également territoriale avec la question de la fracture entre les ruraux et les urbains, entre la Savoie des plaines et celle des montagnes, et avec encore et toujours les enjeux du maintien de la présence des services publics en milieu rural.

La loi devrait à cet égard nous confier une nouvelle compétence, celle encore imprécise d’être les garants de la solidarité territoriale.

D’ores et déjà, le retrait des services de l’Etat et l’hyper centralisation frileuse des services régionaux fait de plus en plus reposer sur les Départements et sur le bloc communal la lourde charge d’organiser et d’assurer le service public de proximité.

Nous allons donc probablement avoir la responsabilité nouvelle d’organiser les réseaux de partenaires de proximité, que ces partenaires soient des communes, des intercommunalités, des syndicats de pays, des établissements médicaux-sociaux, des associations ou encore des entreprises de services.

Si tel devait bien être le cas, je souhaite que nous nous en saisissions sans réserve, en refondant en premier lieu avec volontarisme et ambition la galaxie de nos propres organismes partenaires, « les satellites », qui ont au fil du temps perdu de leur lisibilité et de leur visibilité.

 

Enfin, dans un contexte durable d’argent public rare, mais également pour tenir compte des nouvelles attentes de nos concitoyens en matière de sobriété budgétaire publique, le Département et ses propres agents doivent être exemplaires.

Nos 2400 agents le savent. Dans les métiers très variés qu’ils exercent, je connais le formidable travail qu’ils réalisent au service des Savoyards. Et je veux leur dire ma confiance pour nous proposer, à nous élus, les solutions qui permettront de maintenir un service public de qualité, dans un contexte budgétaire contraint.

Il faudra à l’avenir continuer à optimiser, à simplifier et à moderniser les pratiques professionnelles afin que les agents aient davantage de temps à consacrer à leur cœur de mission.

 

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Notre Assemblée Départementale n’est pas seulement le lieu où se décident les politiques dont le Département a la charge.

C’est aussi le « Parlement de Savoie », où résonne l’actualité du Département. C’est à ce titre que je voudrais évoquer trois dossiers d’actualité.

Le premier est l’avenir de notre industrie, à Notre-Dame de Briançon, avec l’annonce de la fermeture de Graftech, et de la cession de Carbone Savoie, actuellement propriété du groupe Rio Tinto Alcan. Après être allé sur place ces dernières semaines au contact des ouvriers, des organisations syndicales et des élus, comme l’étaient hier encore Jocelyne Abondance et Vincent Rolland, j’ai saisi le ministre en charge de l’industrie, M. Macron, de la nécessité d’organiser le plus rapidement possible une table ronde.

Nous ne pouvons pas accepter que Graftech ferme en juillet, cette unité de production qui a un carnet de commandes plein pour les années qui viennent, et déménage les machines vers un site de production italien. Nous serons tous solidaires pour empêcher cette casse inacceptable.

S’agissant de Carbone Savoie, comme l’Etat a su y inciter pour l’usine d’aluminium de Saint-Jean de Maurienne, dont les problèmes ont souvent été évoqués dans cette enceinte, il faut trouver un repreneur, pour un projet global, incluant l’unité de production de Graftech, qui n’a été séparée de Carbone Savoie il y a seulement moins de dix ans.

 

A contrario, le second dossier a trait au projet industriel porté par l’entreprise Gate France à St Rémy de Maurienne. Ce projet, porteur d’espoir dans un secteur durement touché les années passées, est emblématique des synergies possibles entre un industriel et les Collectivités.  Nous aurons rapidement l’occasion d’en reparler. De même, nous serons attentifs à ce que des contraintes administratives excessives ne viennent pas compromettre les projets de développement de l’entreprise Filtech à Modane.

 

Le troisième et dernier dossier concerne le Service Public Hospitalier, et notamment l’avenir de l’hôpital de Moûtiers, qui dépend exclusivement des décisions du gouvernement. Je ne vais pas revenir sur tout l’historique de l’organisation hospitalière à Albertville et en Tarentaise. Il y a moins de dix ans, toutes les composantes de la communauté hospitalière, y compris les organisations syndicales, avaient accepté la proposition de l’Etat de construire un nouvel hôpital, avec une offre médicale renforcée, à La Bâthie. Ce projet novateur n’a pas été confirmé par le nouveau gouvernement, et a été abandonné, avec une rare désinvolture dans le procédé, et dans le peu de considération de tous les partenaires, en novembre 2012. Dans ces conditions, les deux sites d’Albertville et de Moûtiers doivent être maintenus, dans leur complémentarité, mais aussi la plénitude des services rendus, d’abord à la population permanente, et bien sûr aux touristes, dans les vallées les plus touristiques de France. La décision du gouvernement est de fermer la chirurgie à Moûtiers, et son projet de faire de même avec les urgences. Des solutions alternatives existent.

J’ai demandé de longue date, nous sommes nombreux à avoir demandé de longue date, à ce qu’une délégation des élus, du personnel, et du collectif pour l’hôpital de Moutiers soit reçue par madame la ministre de la Santé. Pour l’instant sans succès. Mais nous persévèrerons, car une décision aussi lourde ne peut pas être prise sur une base aussi légère.

 

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Mes chers collègues, je voudrais faire une derrière remarque.

Nous affrontons une crise de la représentation démocratique sans précédent, avec une abstention de la moitié du corps électoral, qui a pu culminer aux trois-quarts dans certaines communes, ainsi qu’un nombre très élevé de votes blancs et nuls. Beaucoup de nos compatriotes votent pour des formations extrêmes, certes disparates, mais qui se rejoignent dans le refus du système politique, économique et social.

Soyons lucides : nous ne représentons qu’une minorité de la population, c’est à dire la majorité de la moitié qui s’exprime dans les urnes. Quand nous parcourons nos communes et nos quartiers, nous ne sommes élus que par un citoyen sur trois ou quatre parmi ceux que nous croisons.

Et pourtant, si nous sommes ici, ce n’est pas par hasard. C’est parce que nous avons le sens de l’intérêt général et le souci de répondre aux attentes de nos compatriotes. Nous devons être encore davantage sur le terrain, en permanence, ce qui suppose que nous nous organisions mieux, que nous supprimions des réunions inutiles, et que nous délibérions de façon plus efficace. Je vous ferai des propositions concrètes dans ce sens.

D’ores et déjà je vous propose que nous siégions toutes et tous à la Commission Permanente, qui se réunira désormais une fois par mois. Il ne s’agira plus seulement de mettre en œuvre les décisions de l’assemblée départementale, mais d’un lieu d’information et de débat entre nos quatre sessions annuelles.

Mais l’action publique, c’est aussi un état d’esprit. Ne pas farder la vérité. Ne pas céder à la démagogie. Et peut-être surtout donner le ton d’une démocratie constructive et apaisée. Depuis des lustres, nos prédécesseurs de toutes sensibilités politiques ont su construire un micro climat politique particulier à la Savoie, fait de respect mutuel, se refusant aux mises en causes personnelles, et aux petites polémiques qui tuent la démocratie à petit feu.

Le mandat qui vient de s’achever, pendant lequel le poids des forces politiques était équilibré, et pendant lequel la Savoie a continué d’avancer, en a été le meilleur témoignage. Je voudrais remercier Thierry Repentin, les membres de son groupe, ainsi que les membres des autres groupes alors représentés, pour cette œuvre collective. Je crois qu’elle nous a grandi collectivement, quoi que puissent en dire parfois les atrabilaires et les sceptiques.

Nous sortons d’une campagne électorale, pendant laquelle, dans certains cantons, certains candidats ont enfreint cette règle d’or non écrite mais tellement précieuse de la vie politique savoyarde. Je leur dis avec sérénité mais fermeté, comme le faisait Beaumarchais :

—   Qu'opposez-vous aux faux jugements, à l'injure, aux clameurs ?

— Rien !

Vous l'avez compris, je fais aujourd'hui  le pari que l'exigence de justice, de justesse et d'équité va prévaloir sur tous les autres attitudes, que la cohérence des actes et des discours sera comme toujours notre marque de fabrique et  que nous mettrons du sens, et surtout du bon sens, dans notre action.

La Savoie nous attend et compte sur nous. La tâche est grande, les écueils nombreux.

Mais je sais que votre motivation et votre allant sont immenses.

Alors, mes chers collègues, au travail !

Je vous remercie pour votre attention.