#DOSSIER

Plongez dans nos rivières !

écrit le 26 juin 2026
Un padel sur une rivière

On vous propose quelques pages de fraîcheur en ce début d’été ! Si nos rivières constituent, avec les milieux qui en dépendent, un patrimoine naturel exceptionnel, elles servent aussi d’autres usages comme la production d’électricité, l’accueil de loisirs d’eau ou encore la pêche. Ce décor ne doit pas faire oublier leur vulnérabilité, induite par les effets du changement climatique, et la nécessité de les protéger.

Testez vos connaissances !

1/ En additionnant rivières, torrents et petits ruisseaux, combien de kilomètres de cours d’eau la Savoie compte-t-elle ?

  • 4 000 km
  • 7 500 km
  • Plus de 10 000 km

Réponse C :  Plus de 10 000 km ce qui constitue un réseau hydrographique dense marqué par des profils de cours d’eau très différents, des grands axes fluviaux jusqu’aux petits ruisseaux de montagne.

2/ Quelle est la rivière la plus longue de notre département ?

  • l’Arc
  • l’Isère
  • la Leysse

Réponse B:  l’Isère qui parcourt environ 130 km de Val d’Isère à Pontcharra, devant l’Arc (127,5 km) et la Leysse 28,5 km).

3/ Combien de temps les eaux de la Leysse mettent-elles pour traverser le lac du Bourget et arriver au Rhône ?

  • Autour d’une année
  • de 2 à 4 ans
  • de 7 à 10 ans

Réponse C : de 7 à 10 ans pour cette rivière qui constitue avec le Tillet et le Sierroz l’une des 3 provenances principales des eaux du Lac du Bourget.

Les rivières savoyardes se répartissent sur 2 bassins versants, le Haut-Rhône et l'Isère. Ils correspondent aux territoires qui reçoivent les eaux circulant vers un même cours d’eau ou vers une même nappe d’eau souterraine.

Des rivières pas comme les autres…

Ici, en raison du relief, la vie des rivières ne s’écoule pas comme un long fleuve tranquille ! Depuis les glaciers à plus de 2 500 m d’altitude jusqu’aux plaines, le paysage hydrographique savoyard est marqué par la diversité des pentes, de la géologie des sols et donc des profils et des débits de ses cours d’eau. Mais ce n’est pas tout ! À l’exception du Chéran et de la Leysse, dans le massif des Bauges, l’écoulement de nos principales rivières et notamment leur débit sont influencés par l’hydroélectricité et ses lacs de retenue, au gré des remplissages ou lâchers d’eau.

  • Gestion des rivières : les GEMAPIens en 1ère ligne

Non ce n’est pas une espèce endémique de batraciens ! Ce sont, depuis 2018, les collectivités qui gèrent à l’échelle intercommunale la compétence GEMAPI : Gestion des milieux aquatiques et de la prévention des inondations. Soutenues pour certaines de leurs actions par le Département, elles sont une dizaine en Savoie et veillent sur l’ensemble du réseau hydrographique (rivières ; lacs et zones humides). Au cœur de leurs missions : la réalisation d’aménagements contre les inondations pour protéger les populations, la restauration des milieux naturels pour préserver la biodiversité et l’entretien des rivières pour permettre le bon écoulement de l’eau.

  • L’EPTB Isère, dernier venu dans le paysage des gestionnaires de rivière

Il s’agit d’un Établissement public territorial de bassin (EPTB) créé en janvier 2025 pour coordonner la gestion de l’eau à l’échelle du bassin versant de l’Isère et de ses affluents, soit environ 12 000 km², répartis entre la Savoie, l’Isère, la Drôme et les Hautes-Alpes. Il réunit l’ensemble des acteurs locaux dont le Département de la Savoie.

  • Vous êtes propriétaire d’une parcelle riveraine d’un cours d’eau ?

Vous êtes tenu de réaliser un entretien régulier de celui-ci. Mais attention, toute intervention ou aménagement en rivière est régi par la Loi sur l’eau !

Aménager pour mieux protéger

Un chantier XXL pour sécuriser les digues de l’Isère photo travaux digue

L’une des nombreuses missions du SISARC est de sécuriser environ 80 km de digues, en rives gauche et droite, de Pontcharra aux portes d’Albertville. Construites il y a 200 ans, ces digues sont protégées par une carapace en enrochements qui a subi les assauts du temps. En 2005, le diagnostic est posé : il est incontournable de réaliser des travaux de restauration des digues pour protéger les populations, les habitations et les infrastructures. Les travaux démarrés en 2008 ont permis de sécuriser 14 km d’ouvrages. Un nouveau programme a été lancé en 2024, jusqu’en 2036, au rythme de 4 km de sécurisation par an.

Explications de Thibault Boissy, Directeur du SISARC :

 « Après la phase d’études, les opérations de terrain démarrent par la création d’un batardeau. C’est une digue temporaire pour mettre hors d’eau la zone de travail. Débroussaillage puis sondages sont réalisés avant de poser les enrochements pour reconstituer cette fameuse carapace qui peut atteindre une largeur de 10 m et une hauteur de 8 m. Il faut entre 20 000 et 25 000 m³ de roches et 1,5 M€ HT, financés par l’État, pour restaurer 1 km de digue.  Au plus fort du chantier, une 20e de personnes et une 10e d’engins sont mobilisés. Pour limiter l’impact sur la faune et la flore, nous suivons plusieurs protocoles en faveur, notamment, des poissons, du castor et de la Petite massette, espèce végétale protégée ».

Quand la nature défie nos routes

Coulées de boue, inondations, glissements de terrain… les routes et les rivières ne font parfois pas bon ménage. Fortement exposés aux aléas naturels en raison des reliefs et du changement climatique, les routes départementales et les ouvrages d’art subissent de nombreux assauts et travaux. Exemple en Haute Maurienne sur la RD 902 à Lanslebourg, victime collatérale des pluies exceptionnelles de 2023 et 2024. L’arc en crue avait érodé et fragilisé le talus avec le risque d’un glissement de terrain. Les travaux réalisés en 2 phases ont permis la construction d’un ouvrage en enrochement bétonné sur 290 m de longueur et la reconstitution de la butte. Coût total de ce chantier d’ampleur : 1,8 M€ financé en partie par le fonds d’intervention d’urgence du Département mobilisé en cas d’événement naturel imprévu.

2026 06 travaux 1020

Les stations d’épuration, un maillon essentiel pour la qualité des eaux photo station épuration

Soumis au réchauffement climatique, les milieux aquatiques sont de plus en plus fragiles et vulnérables aux pollutions domestiques avec la baisse de leur débit. Un défi de plus pour les collectivités gestionnaires de l’assainissement ! Direction Attignat Oncin où la Communauté de communes du Lac d’Aiguebelette a aménagé et inauguré une petite station d’épuration utilisant le procédé de bio disques. Quésako ? « Cette petite unité de traitement semi-enterrée aussi discrète qu’efficace a vu le jour pour éviter le rejet d’eaux usées dans le ruisseau de Quinze sous et, in fine, dans le lac. Les systèmes d’assainissement individuels vieillissants ont été remplacés par un réseau de collecte et de traitement dimensionnés pour 300 équivalents habitants. La rotation lente et continue des disques circulaires partiellement submergés apporte de l’oxygène aux bactéries qui se chargent de nettoyer l’eau. Une fois clarifiée, elle est rejetée tandis que les boues sont conservées pour être valorisées. Cet équipement, 3 fois moins cher qu’un raccordement à notre station d’épuration de la Bridoire, a reçu le soutien financier du Département, de l’Agence de l’eau et de l’Etat », explique Jean Baptiste Moinot, responsable du pôle assainissement à la CCLA.

Vigilance estivale

Débits en baisse, augmentation de la température des eaux : l'été, nos rivières et les milieux naturels qui en dépendent sont de plus en plus mis à rude épreuve sous l'effet du réchauffement climatique. Parfois, les eaux souterraines viennent à la rescousse de nos cours d'eau avec des apports qui permettent ponctuellement de soutenir leur débit et de rafraichir leurs eaux, offrant ainsi des « refuges thermiques » indispensables à la survie de certaines espèces. Pour mieux comprendre ces équilibres précieux, le Département peut compter sur son réseau de télésurveillance des eaux souterraines (TESS), un outil essentiel pour mieux protéger nos rivières.
Pour consulter les données du réseau départemental TESS, rendez-vous sur ose.savoie.fr

De la vie au fil de l’eau !

Poissons, oiseaux, plantes, amphibiens, insectes, chauves-souris ou autres : il y a du monde à tous les étages ! Les rivières et les milieux qui en dépendent constituent un réservoir exceptionnel de biodiversité qu’il est essentiel de protéger et quand c’est nécessaire de restaurer.

Lorsque le cincle plongeur est là, tout va !

Si vous croisez ce petit oiseau dodu d’une vingtaine de centimètres, c’est bon signe. Comme il se nourrit de petits crustacés et insectes aquatiques sensibles aux pollutions ou aux perturbations du milieu, sa présence est un précieux indicateur du bon fonctionnement écologique des cours d’eau. Son terrain de prédilection, ce sont les rivières peu profondes de basse et moyenne montagne, claires, fraiches et bien oxygénées. C’est là qu’il recourt à une technique de chasse exceptionnelle : c’est le seul passereau qui plonge et qui peut marcher au fond de l’eau, même à contrecourant pour capturer ses proies. Comme la majorité des oiseaux, le cincle plongeur est une espèce protégée, particulièrement sensible durant la période de nidification et de présence des jeunes au nid, de février à juillet.

2026 06 Cingle CPN-Vanoise-Chloe Tardivet 1020Crédit : CPN Vanoise Chloé tardivet

Redonnons libre cours à nos rivières !

De nombreux seuils ont été aménagés dans les décennies passées dans le lit de nos rivières pour mieux en gérer l’écoulement. Problème : impossible pour les poissons de circuler librement et de remonter la rivière, la marche est trop haute… C’était le cas à La Compôte, dans le lit du Chéran. Mais, depuis 2022, tout a changé ! Avec le soutien du Département, le Syndicat mixte d’aménagement du Chéran a remplacé l’ancien ouvrage par une rampe d’environ 80m. En plus de la restauration de la continuité écologique, les travaux ont aussi permis de gérer le risque d’inondation. Désormais, la vie s’écoule donc en pente douce pour la truite fario du Chéran !

Ça mord ?

En Savoie, 24 000 cartes de pêche sont délivrées chaque année et ouvrent la voie à 2 250 km de cours d’eau piscicoles. En amont de la ligne, on trouve la Fédération de Savoie pour la pêche et la Protection du Milieu. Deux casquettes, un même cap : faire vivre durablement les rivières savoyardes et offrir aux pêcheurs, débutants comme confirmés, des parcours attrayants.

  • Le Ruisseau des Blachères fait mouche ! photo ruisseau Blachères au choix 1 ou 2 selon format

Situé à Saint-Rémy-de-Maurienne, il fait partie des 10 parcours inscrits au PDESI (Plan départemental des Espaces, Sites et Itinéraires d’activité de pleine nature) et fraichement labélisés au niveau national parcours de pêche « passions ». Ce ruisseau dispose depuis 2023 d’une nouvelle signalétique financée en partie par le Département. Situé dans un environnement préservé en fond de vallée, le parcours offre un beau terrain de jeu, dans la catégorie no kill, aux pêcheurs initiés sur un peu plus de 1 km. Il regorge de vie avec sa population de truites fario naturellement présentes et leurs cousines les truites arc-en-ciel toujours très actives. Cet affluent de l’Arc fait la part belle aux pécheurs à la mouche et compte de plus en plus d’adeptes aux leurres parmi la jeune génération. Depuis 2016, des travaux de renaturation sont réalisés par la fédération de pêche pour diversifier les habitats des poissons et favoriser leur reproduction.

2026 06 Blachères CLaurentMadelon 1020Crédit : Laurent Madelon

  • La truite méditerranéenne, un patrimoine à sauvegarder photo truite méditerranéenne

Nous avons tendu la perche à Manuel Vallat, Directeur technique de la Fédération de Savoie pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique : « La truite fario de souche méditerranéenne, présente dans nos rivières depuis des milliers d’années, s’est parfaitement adaptée aux conditions contraignantes du milieu montagnard. Elle cohabite avec la fario atlantique depuis le milieu du XXe siècle, période au cours de laquelle cette dernière a été introduite. Menacée par ce croisement génétique, elle fait l’objet de toutes les attentions depuis 40 ans. 12 zones en Savoie sont reconnues comme prioritaires, du côté notamment de la Haute Tarentaise. C’est entre Bourg-Saint-Maurice et Sainte-Foy-en-Tarentaise que les truites méditerranéennes sont d’ailleurs les plus nombreuses. Ici, comme sur les 11 autres secteurs identifiés, nous déployons plusieurs outils de conservation et règles de gestion en relation étroite avec les associations de pêche agréées et les collectivités locales. Ce patrimoine génétique originel est précieux, nous devons donc le conserver ». 

2026 06 Truite CLaurentMadelon 1020Crédit Laurent Madelon

2025 barbier 250

Parole d’élue

Marie-Claire BARBIER, Vice-présidente du Département déléguée au Développement durable

Si pour la sécurité des personnes, la préservation des milieux et la qualité de la ressource, la mobilisation des acteurs publics qui s’engagent pour l’eau est essentielle, n’oublions pas que prendre soin de nos rivières est l’affaire de tous ! Elles sont particulièrement mises à mal l’été, saison de basses eaux, de températures élevées et de risque accru de sécheresse. Qu’il s’agisse de nos loisirs ou des prélèvements réalisés pour des usages domestiques par les particuliers sur les cours d’eau, il est important de respecter un principe de sobriété et les éventuelles restrictions imposées. Car sans eau, il n’y a pas de vie…

Prêts pour des aventures rafraîchissantes ?

Canyoning, rafting, baignade, canoë, paddle, balades : la Savoie est un petit paradis pour les loisirs de rivière qui offrent en prime une fraîcheur bienvenue en été. Des eaux agitées des torrents de montagne pour les amateurs de sensations aux paisibles méandres des bras du Rhône sauvage à la découverte de la plus grande forêt fluviale de France, quel que soit votre choix, n’oubliez pas que vous êtes en milieu fragile !

Pour des idées d’activités à pratiquer sur les rivières savoyardes, rendez-vous sur explore-savoie.com

Le canyoning, vous avez déjà essayé ?

Savoie Mag a interrogé Cédric Légat, Président du Comité départemental de pilotage du canyonisme de Savoie (CDPC73).

Où trouver les bonnes informations pour une pratique responsable du canyoning ?

Dans la charte « Canyon attitude » dont les principes invitent au respect de l‘environnement et auprès des professionnels diplômés d’État ou des clubs affiliés à l’une des fédérations de référence comme la Fédération Française de Spéléologie, la Fédération Française de la Montagne et de l’Escalade ou la Fédération Française des Clubs Alpins et de Montagne. C’est la meilleure façon aussi de découvrir l’activité, de progresser en toute sécurité et d’adopter une pratique responsable. Il est aussi essentiel de bien préparer ses sorties en consultant des sites spécialisés comme Descente-Canyon.com.

Un canyon à conseiller à nos lecteurs ?

Le canyon de Pussy, pour son ambiance spectaculaire avec notamment une impressionnante cascade de 70 mètres. Il est situé à l’entrée de la vallée de la Maurienne mais rappelle certains canyons de La Réunion. C’est une belle illustration de la richesse et de la diversité des parcours que l’on peut découvrir en Savoie.

Des nouveautés sur les sites de pratique en Savoie ?

Chaque année, des actions concrètes sont menées pour entretenir les parcours, enlever les embâcles ou signaler des pollutions. Par exemple, une opération de nettoyage d’un dépôt sauvage est prévue en 2026 sur la rivière de la Doriaz. Ça illustre bien le rôle de médiateur de notre comité entre professionnels, pratiquants et collectivités locales. Nous conseillons et accompagnons aussi les porteurs de projet, notamment dans les démarches d’aménagement ou de rééquipement, pour contribuer à une gestion concertée des sites.

2026 06 canyoning CExploreSavoieLesueur 1020Crédit : Explore Savoie Lesueur

Les rivières en habits de scène

  • 21et 28 juillet, 4 et 11 août

Les M(art)DIS de Rivièr'Alp

Base de Loisirs de Rivièr'Alp, Les Echelles
Une invitation à prolonger vos journées estivales autour de spectacles vivants proposés au bord du bassin de baignade écologique, à deux pas du Guiers.
+ d’infos : rivieralp.com

  • Du 21 au 30 août

Festival BatÔjazz

Chanaz, Ruffieux
Du jazz, du blues et des musiques actuelles pour une série de 6 concerts à terre, au château de Mécoras et trois “voyages sur l’Ô”, en bateau, entre Rhône et lac.
+ d’infos : batojazz.com

Crédit bannière : Explore Savoie Lesueur

contact   facebook      youtube  picto instagramm picto linkedin

DÉPARTEMENT DE LA SAVOIE

Château des ducs de Savoie
CS 31802
73018 Chambéry cedex

ACCUEIL TÉLÉPHONIQUE

04.79.96.73.73
Du lundi au vendredi de 8h30 à 12h30
et de 13h30 à 17h