Etat des ressources souterraines au 3 août 2026
En ce mois d’août, les niveaux des nappes suivies par le réseau TESS poursuivent leur diminution. Alors qu’une minorité de ressources demeure à des niveaux conformes aux normales saisonnières ou proches de leur seuil inférieur, la majorité présente des niveaux modérément bas à très bas pour la période, voire des niveaux exceptionnellement bas, inédits depuis le début du suivi du réseau TESS.
Carte de l'état des ressources du Réseau TESS ©Département de la Savoie
Les précipitations de juillet sont dans la continuité de celles de juin, avec des quantités de pluie bien en dessous des normales de saison sur l’ensemble du département. Le mois d’août 2026 débute dans un contexte marqué par un quatrième épisode de sécheresse depuis le début de l’année.
En raison de l’assèchement des sols et des besoins en eau de la végétation, les faibles précipitations enregistrées en juillet n’ont pratiquement pas contribué à la recharge des eaux souterraines, ce qui reste cohérent en période d’étiage.
En ce mois d’août, les niveaux des nappes suivies par le réseau TESS poursuivent leur diminution. Alors qu’une minorité de ressources demeure à des niveaux conformes aux normales saisonnières ou proches de leur seuil inférieur, la majorité présente des niveaux modérément bas à très bas pour la période, voire des niveaux exceptionnellement bas, inédits depuis le début du suivi du réseau TESS.
Particularités locales
Secteur Chéran et Lac du Bourget
L’aquifère karstique du Rigolet (Chindrieux), continue en ce début août de battre le record de niveau le plus bas enregistré depuis le début du suivi de la source en 2009. Son débit est de 19 m3/h alors qu’en niveau normal il serait compris entre 54 à 42 m3/h pour la même période.
L’aquifère de la Touvière présente encore un niveau conforme aux normales saisonnières avec une tendance à la baisse cohérente avec la période d’étiage annuelle.
Le piézomètre de Vions enregistre un niveau bas pour la saison, comparable à celui observé pendant l’année sèche de 2022.
Secteur Guiers Aiguebelette
Le piézomètre de Saint-Christophe-La-Grotte enregistre un niveau très bas pour la saison, en dessous de celui observé pendant l’année sèche de 2022. Il s’agit du niveau le plus bas enregistré pour cette période depuis le début de sa surveillance en 2011.
Pour la source de la Plagne (Entremont-Le-Vieux), les chroniques de débit montrent une continuité de la diminution du débit, qui atteint, en ce début août 21 m3/h, ce qui correspond à un niveau bas similaire à celui de l’année sèche de référence de 2022.
Concernant la source semi-karstique de la Fromentière (Saint-Paul), les chroniques de débit restent normales pour la saison et sont en légère baisse par rapport au mois de juillet. Le débit est de 46 m3/h en ce début août.
Secteur Combe de Savoie
Les chroniques de débit de la source du Ruisseau (Arbin) montrent que la diminution progressive des débits se poursuit en ce début de mois d’août. Le niveau reste modérément bas et le débit est de 72 m3/h.
Pour la source de Planchamps (Monthion), les chroniques de débit montrent que le niveau d’eau de l’aquifère est stabilisé à proximité du seuil de classement en niveau bas, avec un débit de 53 m3/h.
Le piézomètre de Grignon influencé par la gestion des barrages hydroélectriques de l’Isère enregistre un niveau normal pour la saison, tandis que les deux piézomètres du BRGM situés respectivement à Cruet et à l’Aiton en aval de la nappe alluviale indiquent un niveau d’eau de l’aquifère bas.
En ce début du mois d’août, l’état des ressources en eau souterraine de la Combe de Savoie semble donc converger vers un état plus dégradé que le mois précédent.
Secteur Tarentaise et Maurienne
Les aquifères associés aux sources de Pont Botto (à La Léchère) et des Frasses (à La Plagne Tarentaise) sont tous les deux d’influence nivale, leur alimentation étant fortement dépendante de la fonte du manteau neigeux au printemps et au début de l’été. Le pic de fonte ayant été atteint en juin, leurs niveaux sont en diminution, suivant une évolution cohérente avec la réduction progressive du stock de neige encore présent sur leurs bassins versants respectifs.
On observe cependant que le niveau d’eau de la source des Frasses continue d’être particulièrement bas pour la saison. Avec un débit de 13 m3/h il est inférieur au niveau de l’année sèche 2022 sur cette période. Cette situation pourrait traduire un stock neigeux moins important ou une fonte plus précoce des réserves nivales sur son bassin versant, liée aux fortes températures des mois précédents.
À l’inverse, la source de Pont Botto présente toujours un niveau conforme aux normales saisonnières, cohérent avec un fonctionnement encore largement influencé par les apports de la fonte nivale.
Quant à la source de Fontaignous (à Termignon), dans le secteur de la Maurienne, qui n’a pas enregistré de pic de recharge cette année, son débit continue de stagner autour de 19 m3/h, alors même que l’état quantitatif de l’aquifère se situe désormais à un niveau modérément bas. Son fonctionnement particulier apparaît toutefois trop complexe pour être caractérisé comme étant sous influence nivale. Cette source semble ainsi n’être représentative que de son propre fonctionnement hydrogéologique.
NB : Les secteurs ne sont pas délimités par des entités hydrogéologiques mais par des notions géographiques. Le fonctionnement d’un aquifère du réseau TESS n’est donc pas forcément représentatif de l’ensemble des eaux souterraines d’un secteur.
Que retenir :
En ce début août les niveaux des nappes poursuivent leur diminution et sont plus ou moins impactés par l’étiage* selon les caractéristiques hydrogéologiques de leur réservoir.
1. Une minorité de points d’observation présente des niveaux proches des normales de saison, grâce à des apports soutenus (nivaux ou glaciaires) ou à une forte capacité de stockage et de restitution de leur réservoir.
2. Malgré ces soutiens, certains aquifères à influence nivale affichent déjà des niveaux inférieurs aux normales saisonnières, voire localement bas pour la période.
3. Les aquifères les plus réactifs aux précipitations et disposant de faibles capacités de stockage atteignent des niveaux exceptionnellement bas, parfois inédits.
Sans précipitations longues et abondantes la dégradation des niveaux des eaux souterraines devrait se poursuivre jusqu’à la fin de la période d’étiage (estimée, d’après les statistiques TESS entre septembre et octobre)
Def étiage : En hydrologie, l’étiage correspond statistiquement (sur plusieurs années) à la période de l’année où le débit d’un cours d'eau atteint son point le plus bas (basses eaux). Il intervient pendant une période sèche longue et plus ou moins prolongé. Il peut être fortement aggravée par des températures élevées favorisant l’évaporation, et par des pompages et prélèvement intensif.



