Etat des ressources souterraines au 1er octobre 2026
Suite au manque de précipitations du mois de septembre, l’étiage s’est poursuivi et les niveaux des nappes ont globalement continué leur diminution. Le phénomène est plus ou moins marqué selon les caractéristiques hydrogéologiques de leur réservoir.
Carte de l'état des ressources du Réseau TESS © Département de la Savoie
Les précipitations de septembre sont restées inférieures aux normales saisonnières sur l’ensemble du territoire, à l’exception de quelques secteurs très localisés.
Ce déficit s’inscrit dans une tendance observée depuis le mois d’avril. À l’échelle du département, les précipitations ont été globalement inférieures aux normales de saison, à l’exception des mois de mai et d’août. Cette situation accentue la sévérité de l’étiage des eaux souterraines.
En 2022 (année sèche de référence actuelle), l’étiage avait pris fin en septembre. En 2026, il se poursuit sur certains aquifères jusqu’à ce début octobre. Par conséquent, les niveaux des aquifères suivis par le réseau TESS continuent de diminuer et, pour certains d’entre eux, atteignent à nouveau des records de basses eaux.
Particularités locales
Secteur Chéran et Lac du Bourget
L’aquifère karstique du Rigolet (Chindrieux) reste, en ce début octobre, à un niveau exceptionnellement bas pour la saison, son débit est de 13 m3/h, en niveau normal il serait compris entre 48 et 754 m3/h pour la même période. Les niveaux ne sont pas comparables à ceux de 2022 car cette année, la recharge avait débuté en septembre mettant fin à l’étiage ce qui n’est pas le cas en 2026. Les niveaux de l’aquifère du Rigolet sont pour l’instant, sur une trajectoire similaire à la fin de l’année 2018 (année de référence basses eau pour un étiage prolongé de septembre à novembre).
La baisse des niveaux de l’aquifère de la Touvière (Jarsy) s’est poursuivie en août, conformément à la période d’étiage, sans sortir des normales saisonnières.
Les niveaux du piézomètre de Vions ont légèrement diminué en septembre, passant d’un niveau modérément bas à bas pour la saison.
Secteur Guiers Aiguebelette
Les niveaux du piézomètre de Saint-Christophe-la-Grotte ont poursuivi leurs diminutions records et restent à des valeurs exceptionnellement basses pour la saison. Le précédent record de niveau le plus bas jamais enregistré depuis le début du suivi en 2011, déjà battu en août 2026, a de nouveau été dépassé fin septembre.
Pour la source de la Plagne (Entremont-Le-Vieux), le débit s’est stabilisé au cours du mois de septembre au niveau bas de 13 m3/h alors qu’en niveau normal, il serait compris entre 19 et 92 m3/h pour la même période. Comme pour la source du Rigolet, les niveaux ne sont plus comparables à ceux de 2022, année pour laquelle la recharge avait débuté en septembre. Ils sont actuellement dans une trajectoire similaire à celle de la fin de l’année 2018.
Concernant la source de Fromentière (Saint-Paul), les chroniques de débit restent conformes aux normales saisonnières et se stabilisent autour de 40 m³/h en fin de mois.
Secteur Combe de Savoie
Source de Versant
La source de Bonté (Plancherine) a atteint, en ce début octobre, un débit bas de 7 m3/h, en niveau normal, il serait compris entre 10 à 35 m3/h pour la même période. L’étiage se poursuit pour cet aquifère. D’après les statistiques de basses eaux (VCN3) la période de recharge commencerait mi-octobre. Toutefois, si le déficit de précipitations se poursuit, la tendance de recharge pourrait être similaire à celle de l’année 2018, avec une recharge initiée mi-décembre.
L’aquifère de la source de Planchamps (Monthion) a poursuivi sa baisse au cours du mois d’août. Malgré un niveau toujours bas pour la saison, la situation reste stable, avec un débit de 44 m³/h en fin de mois.
Les chroniques de débit de la source du Ruisseau (Arbin) montrent que, malgré une légère recharge en septembre, l’aquifère a retrouvé, en ce début octobre, un niveau inférieur à celui de début septembre. Bien que cette évolution soit cohérente en cette période d’étiage, les débits restent bas pour la saison, avec 56m³/h en fin de mois. Les niveaux observés ne sont pas comparables à ceux de 2022, année pour laquelle la recharge avait débuté en septembre. Ils sont actuellement dans une trajectoire similaire à celle de la fin de l’année 2018.
Nappe d’accompagnement de l’Isère en Combe de Savoie
Le piézomètre de Grignon (influencé par la gestion des barrages hydroélectriques de l’Isère) a poursuivi sa diminution au cours du mois d’août, passant d’un niveau normal à modérément bas pour la période.
Les piézomètres de Plan (Aiton) et Cruet instrumentés par le BRGM pour le suivi de la nappe d’accompagnement de l’Isère en Combe de Savoie à l’aval de Grignon, présentent également des niveaux bas. Ces observations montrent une certaine homogénéité de l’état des secteurs amont et aval de la nappe.
Jusque-là plus résiliente à l’étiage que les sources de versant, la nappe d’accompagnement de l’Isère en Combe de Savoie présente, un état globalement bas par rapport aux normales de saison.
Secteur Tarentaise et Maurienne
Les chroniques de débit de la source des Frasses (La Plagne Tarentaise) montrent un début de recharge fin septembre, probablement lié à des précipitations localisées. Il faudra surveiller les mesures des prochains jours pour déterminer l’intensité et la durée de cette recharge.
La source de Pont Botto (La Léchère), présente encore un niveau conforme aux normales saisonnières, malgré la diminution progressive de son débit en cette période d’étiage.
Quant à la source de Fontaignous (Termignon), son débit reste globalement stable autour de 21 m3/h et se maintient encore ce mois-ci à un niveau normal.
NB : Les secteurs ne sont pas délimités par des entités hydrogéologiques mais par des notions géographiques. Le fonctionnement d’un aquifère du réseau TESS n’est donc pas forcément représentatif de l’ensemble des eaux souterraines d’un secteur.
Que retenir :
•Suite au manque de précipitations du mois de septembre, l’étiage* s’est poursuivi et les niveaux des nappes ont globalement continué leur diminution. Le phénomène est plus ou moins marqué selon les caractéristiques hydrogéologiques de leur réservoir.
1.Une minorité d’aquifères a bénéficié d’une légère recharge locale.
2.Certains aquifères poursuivent le maintien de leur bon état quantitatif grâce à leur caractéristique hydrogéologique et au bénéfice encore visible d’une recharge hivernale correcte.
3.La plus grande majorité des aquifères sont dans des états dégradés, voire très dégradés, avec parfois des niveaux exceptionnellement bas.
•La fin de la période d’étiage des aquifères reste encore incertaine à ce jour malgré les quelques précipitations annoncées. En effet, à défaut d’épisodes pluvieux suffisamment abondants et durables les sols resteront trop secs pour permettre l’infiltration. La baisse des niveaux des aquifères pourrait donc se poursuivre.
* Définition Étiage : En hydrologie, l’étiage correspond statistiquement (sur plusieurs années) à la période de l’année où le débit d’un cours d'eau atteint son point le plus bas (basses eaux). Il intervient pendant une période sèche longue et plus ou moins prolongé.
Retrouvez le bilan détaillé en date du 1er septembre 2026 (PDF)



