Fauchage raisonné des bords de routes : le Département répond à vos questions

Vous avez remarqué que la végétation est plus haute par endroits sur le bord de nos routes et vous vous demandez pourquoi ? Le Département de la Savoie répond à toutes vos questions pour vous expliquer en toute transparence ce changement de pratique. Découvrez comment le fauchage raisonné permet de concilier la sécurité de vos trajets, la protection de notre biodiversité et l'optimisation du travail de nos agents sur le terrain.

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Pourquoi l'herbe est-elle laissée haute à certains endroits ? Le Département abandonne-t-il l'entretien des routes ?

Pas du tout ! Ce n'est ni de la négligence ni un manque de budget. C'est ce qu'on appelle le fauchage raisonné. Au lieu de tout raser mécaniquement par habitude, les agents adaptent désormais leur travail à chaque zone. On coupe là où c'est indispensable pour la sécurité, et on laisse respirer la nature là où elle ne gêne personne. C'est une gestion moderne et volontaire, qui se pratique déjà dans de nombreux autres départements.

 

Toutes les routes de Savoie sont-elles déjà fauchées de cette manière ?

Pas pour le moment. Le Département a fait le choix d'une expérimentation ciblée sur cinq secteurs afin de tester et d'adapter ces nouvelles pratiques avec les agents de terrain. Une fois cette phase initiale consolidée, le fauchage raisonné pourra être généralisé à tout le territoire départemental.

 

Est-ce que cette herbe haute ne met pas en danger la sécurité des automobilistes et des cyclistes ?

La sécurité reste la priorité absolue, elle n'est jamais négociée. Les règles de visibilité sont appliquées à la lettre :

  • Dans les virages et aux intersections, l'herbe est coupée dès qu'elle dépasse 70 cm pour garantir une vue parfaite.
  • Autour des panneaux de signalisation, elle est limitée à 1 mètre pour qu'ils restent bien lisibles. En réalité, rationaliser le temps passé sur les zones sans danger permet aux équipes d'intervenir plus rapidement et plus souvent là où la visibilité est une vraie priorité.

 

Moins faucher, n'est-ce pas juste une excuse pour faire des économies de personnel ?

C’est tout l’inverse : c’est pour mieux utiliser le temps de travail de nos agents. En 14 ans, le temps nécessaire pour entretenir les bords de routes a bondi de 24 % (soit 9 000 heures de travail en plus). Pourquoi ? Parce que le climat change, les tempêtes provoquent des chutes d'arbres et de nouvelles infrastructures (comme les pistes cyclables) se développent. Pour que les agents puissent continuer à réparer les routes, entretenir les ponts ou nettoyer le réseau d'assainissement, il faut pouvoir prioriser leur activité.

 

L'herbe haute, ça fait "sale". Pourquoi abandonner le style "gazon à l'anglaise" ?

Le "beau" est subjectif, mais le "gazon à l'anglaise" en bord de route a un coût écologique et humain. Une fauche trop rase et trop fréquente détruit les sols, accélère le dessèchement et transforme des zones vivantes en espaces stériles. Elle accentue par ailleurs le risque incendie en intervention en période de sécheresse. Les bords de routes ne sont pas des parcs urbains : ce sont des espaces semi-naturels qui représentent 1 % du territoire français (7 000 terrains de football en Savoie). Ils contribuent à la qualité paysagère, en particulier quand ils sont riches en biodiversité, mais ont aussi et surtout une utilité publique pour la nature.

 

En quoi laisser pousser l'herbe aide-t-il concrètement la nature ?

Les bords de nos routes sont des zones refuges uniques. Comme ils n'ont aucune utilité agricole ou économique, ils ne reçoivent aucun engrais ni aucun pesticide. C'est un refuge privilégié pour de nombreuses plantes, des insectes pollinisateurs (abeilles, papillons), des oiseaux et des petits mammifères qui peuvent s'y nourrir, s'abriter du froid et des prédateurs, et accomplir leur cycle de vie.

 

On entend parler de "corridors écologiques" pour les bords de routes. Qu'est-ce que c'est ?

Avec l'urbanisation, les centres-villes, la fragmentation des espaces naturels et l'agriculture, le paysage est devenu plein de barrières invisibles pour nous mais infranchissables pour les animaux et les plantes. Les bandes vertes qui longent nos routes forment des lignes de verdure continues sur des kilomètres. Elles agissent comme des "autoroutes vertes" permettant aux espèces de se déplacer. En Savoie, cela permet notamment aux espèces de monter en altitude (de 200m à plus de 2700m) pour fuir la chaleur liée au réchauffement climatique.

 

Pourquoi coupez-vous l'herbe à 15 cm du sol au lieu de la raser ?

Raser l'herbe à blanc est une fausse bonne idée : cela met le sol à nu et favorise le développement d'espèces végétales envahissantes. En coupant plus haut (à 15 cm) :

  • On préserve l'habitat des petits animaux qui vivent au ras du sol (lézards, grenouilles, insectes).
  • On protège les petites fleurs qui continuent de grandir et de nourrir les insectes.
  • On empêche les rayons du soleil de frapper directement la terre, ce qui limite la surchauffe.
  • On lutte contre l’érosion du sol en maintenant l’humidité.

 

Laisser l'herbe haute ne risque-t-il pas de propager les mauvaises herbes et les plantes allergènes comme l'ambroisie ?

C'est exactement le contraire ! Plus un milieu naturel est riche, dense et diversifié, plus il est résistant face aux agressions extérieures. Si le sol est occupé toute l'année par un tapis épais de plantes locales (endémiques), les graines de plantes invasives comme l'ambroisie ou la renouée ne trouvent pas de place ni de lumière pour s'implanter. Le fauchage raisonné est donc une arme naturelle très efficace pour bloquer les plantes envahissantes.

 

Est-ce que le fauchage est maintenu en période de sécheresse et fortes chaleurs ?

Lors d’épisodes de sécheresse et de fortes chaleurs, le fauchage peut être temporairement suspendu. Cela permet de limiter le risque de départ d'incendie, les engins de fauchage pouvant provoquer des étincelles, et de préserver l'humidité des sols, contrairement à une idée reçue, une herbe plus haute conserve davantage d'humidité qu'une herbe très courte. Les conditions n’étant pas les mêmes partout en Savoie, les agents évaluent donc la situation localement et peuvent intervenir dans certains secteurs lorsque les conditions le permettent, en fonction du niveau de sécheresse et du risque d'incendie.

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