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Corridors biologiques : un droit de passage pour la faune sauvage

écrit le 02 octobre 2019
Un écureuil sur une branche

Routes, voies ferrées, zones d’habitations, barrages fluviaux, éclairages urbains : les itinéraires qu’empruntent les animaux sauvages sont parfois semés d’embûches et de dangers. Au point de décimer certaines espèces, voire de menacer leur survie… Depuis déjà dix ans, le Département finance des équipements qui permettent à la faune de franchir les routes départementales en toute sécurité. Son action contribue ainsi à la préservation de la biodiversité en Savoie.

Un corridor biologique, c'est quoi ?

Dans la nature, les espèces animales ont besoin de circuler pour subvenir à leurs besoins : se nourrir, se reposer, trouver refuge, se reproduire, hiberner… Le corridor biologique, constitué d’un ensemble d’espaces naturels, agricoles ou forestiers reliés entre eux, rend possible ces déplacements vitaux. Ces espaces sont à géométrie variable, de quelques centaines de mètres seulement pour des amphibiens à des centaines de kilomètres pour certaines espèces très mobiles comme le lynx par exemple !

Pour s’alimenter, se reproduire ou tout simplement se déplacer, de nombreuses espèces animales sont exposées à des risques d’écrasement. Sous l’effet des activités humaines qui font obstacle à la libre circulation de la faune, les espaces naturels se fragmentent. C’est la première cause de perturbation des écosystèmes et du déclin de la biodiversité dans le monde. Une réalité à laquelle n’échappe pas le territoire savoyard.

Avis de passage sécurisé !

Ponts, tunnels, passages à sec le long des cours d’eau, replantation de haies bocagères sur les talus routiers, tubes en béton sous les routes, etc. : pour permettre à la nature de retrouver son droit de passage, il faut lui donner un coup de pouce et recréer des corridors biologiques. En tant que gestionnaire du réseau routier départemental, le Département prend sa part de responsabilité pour sécuriser le franchissement des chaussées. À son actif, des réalisations dans des secteurs prioritaires, comme à Chignin pour la grande faune ou à Aiguebelle pour les amphibiens. Et ces dispositifs souvent ingénieux, adaptés aux espèces auxquelles ils sont destinés, font la preuve de leur efficacité !

 

Passage emblématique en Coeur de Savoie

Entre Bauges et Chartreuse, la RD 1006 est située sur un axe très emprunté par les grands mammifères comme les chevreuils, les sangliers ou les cerfs, mais aussi par des renards, blaireaux, martres ou fouines. C’est pour cette raison qu’en 2012, le Département a construit à Chignin un passage sous la chaussée, comme alternative à la traversée de la route. Et c’est un système de grillage végétalisé qui guide les animaux vers le pont ! Un dispositif gagnant-gagnant puisqu’il permet aussi de renforcer la sécurité des usagers de la route.

 

Passage original sur le territoire de Grand Chambéry

À La Motte-Servolex, ce sont les écureuils roux, une espèce protégée, qu’il s’agit de préserver. La réalisation aérienne le long des RD 13 et 1 mise sur l’agilité de ces petits animaux, habitués à se déplacer d’arbre en arbre. Elle consiste en un système de cordes entre les arbres d’alignement de part et d’autre de la chaussée permettant de traverser la route par la voie des airs et ainsi d’échapper à l’écrasement.

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Parole d’élu

Luc Berthoud

Conseiller départemental du canton de La Motte-Servolex

La biodiversité n’est pas une préoccupation réservée aux espaces ruraux ! En milieu urbain, faire cohabiter activités humaines et faune sauvage est un défi que nous devons relever. Après une première expérience concluante, l’ aménagement réalisé en 2019, ingénieux et peu coûteux, compléte un dispositif qui a déjà su convaincre les écureuils !

Passage ambitieux dans l’Avant-pays savoyard

Le col de la Crusille est un site de reproduction majeur à l’échelle de la Savoie pour de nombreuses espèces d’amphibiens protégées : crapaud commun, grenouille agile, grenouille rousse, triton palmé ou triton alpestre. Mais entre les espaces forestiers où se trouvent leurs habitats et le marais où ils se reproduisent, il y a une route, la RD 916. Depuis dix ans, tous les hivers, des bénévoles se mobilisent pour récupérer les animaux arrêtés par des filets, les transporter jusqu’au marais et ainsi éviter l’hécatombe. Bonne nouvelle : en 2020, les amphibiens pourront emprunter six traversées sécurisées sous la chaussée, complétées des deux côtés de la route par des systèmes en métal pour guider les animaux vers ces passages. Une aubaine aussi pour les hérissons, les fouines ou les martres… Ce projet est réalisé cet automne avec le soutien de l’Agence de l’eau et dans le cadre d’un programme de préservation des habitats des amphibiens, mené avec le Conservatoire d’espaces naturels de la Savoie (CEN), la commune de Novalaise et les associations de protection de la nature.

 

 

 

 

Article paru dans le Savoie Mag n°47 / Avril 2019

Crédit : Marie Christine Cégéat

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